Tunnels & Trolls, ce n’est pas seulement un système de jeu simple et puissant, c’est aussi une certaine manière de pratiquer le jeu de rôle et un univers de jeu original.
Chris Carlson – Le Donjon de l’Ours
L’approche Tunnels & Trolls
L’approche de T&T est liée au système de jeu. Les règles étant simples, le jeu est rapide. Le système de combat et les MEP permettent aux joueurs de tout faire sans tableaux et formules compliqués. Du coup, l’aventure se mène en général tambour battant, laissant beaucoup de place au pur amusement. Les joueurs sont encouragés à véritablement « jouer » leur(s) personnage(s), comme des acteurs, et à les mettre en scène (d’où l’intérêt de bien savoir les individualiser au maximum). L’interaction entre joueurs/personnages étant très importante, le groupe ne doit pas être un ramassis d’individus, mais doit avoir une histoire.
Une partie de Tunnels & Trolls n’est jamais une morne succession de tours de jeu impliquant des calculs incessants, mais est avant tout une histoire. Si possible, cette histoire doit avoir des moments de drôlerie (un peu comme dans le jeu Lanfeust). En général, les scénarios pour T&T ne sont pas des enquêtes, même s’ils peuvent impliquer certaines investigations. Ce ne sont généralement pas non plus des scénarios tout faits, dont l’intrigue et la fin sont déjà écrites à l’avance. La simplicité des règles est au contraire propice à l’invention et à l’improvisation.
L’univers Tunnels & Trolls
Une hydre des marais de Bamora – Slawomir Maniak
Les aventures de T&T publiées par Flying Buffalo se déroulent en général sur la Terre des Trolls. Il s’agit d’un monde dont nous avons parfois parlé sur ce site. Toutes nos aventures l’évoquent plus ou moins en détail, et sont souvent accompagnées de cartes (y compris les solos). Ce monde a même fait l’objet d’un jeu pour PC (ancien, il s’agit de Crusaders of Khazan), de plusieurs recueils de nouvelles (comme Mage’s Blood & Old Bones) et même d’un roman (Rose of Stormgaard, par Ken St. Andre). Cependant, cet univers n’est absolument pas obligatoire. T&T peut se jouer dans un univers médiéval-fantastique comme dans un monde futuriste. On peut s’en servir pour jouer dans le monde de Glorantha ou dans celui de Légende.
Encore une fois, cependant, le système de jeu a une grande influence. Par exemple, dans T&T, il est tout à fait possible de jouer un orque, un ogre, un troll, voire un dragon (voir notre groupe de personnages prêts-à-jouer). Cela ne peut pas ne pas influencer sur l’univers dans lequel vous allez jouer.
Si vous n’avez jamais été MJ, voici quelques conseils qui vous permettront de vous lancer 🙂
OK, vous savez ce qu’est un jeu de rôle, puisque vous jouez à Tunnels & Trolls (section 1.3 du livre de règles) et vous avez lu les conseils aux MJ (section 2.13 des règles), mais vous ne savez pas comment démarrer une partie concrètement. Plusieurs questions se posent, et notamment celles-ci : avec qui allez vous jouer ? comment organiser votre partie ? Nous commencerons par la première question…
Comment réunir un groupe de joueurs ?
Quand on veut faire une partie de Monopoly, la question ne se pose pas. On peut jouer en famille ou avec des amis, bref, avec des gens avec qui on a envie de s’amuser, de rigoler ensemble. Eh bien, c’est la même chose (ou presque) pour un jeu de rôle comme Tunnels & Trolls. Tout est dans le « ou presque »…
En effet, un jeu de rôle n’est pas un banal jeu de plateau, car il demande aux joueurs de faire preuve d’imagination et de s’impliquer un peu pour véritablement « jouer » leur(s) personnage(s). Vos joueuses et joueurs devront donc, à défaut de savoir déjà ce qu’est un jeu de rôle ou, encore mieux, d’y avoir déjà joué, au moins avoir une bonne imagination. S’ils aiment la science-fiction ou le fantastique, il y a de grandes choses pour que ça les intéresse. En général, les enfants sont particulièrement réceptifs à l’aspect « histoire » de la partie que vous allez jouer. Au fond, c’est un peu ça que vous allez faire : raconter une histoire.
Peu importe si, au départ, vos joueurs « se servent de leur(s) personnage(s) pour jouer » au lieu de « jouer leur(s) personnage(s) ». Ils apprendront petit à petit à passer de l’un à l’autre. Le fait de découvrir les règles du jeu leur fera sentir qu’un sorcier ne se comporte pas comme un guerrier, puis qu’il y a guerrier et guerrier. Au fur et à mesure des parties, leurs personnages auront une histoire gravée dans leur mémoire. Plus ils auront de personnages, plus ils chercheront à les différencier les uns les autres. Les différentes espèces, les différents types de personnages possibles, les talents et une myriade de choses les aideront à en faire des êtres uniques. Vous trouverez sur ce site des conseils en trois parties pour rendre vos personnages uniques : partie 1, partie 2 et partie 3.
L’imagination est le moteur véritable du jeu. Les règles, les scénarios prêts à jouer, les fiches de personnages, sont là seulement pour vous servir de supports. Avec l’expérience, il vous faudra très peu de choses pour démarrer une partie de T&T. Certains MJ sont capables de lancer une partie sans rien avoir écrit au préalable. On peut improviser des merveilles avec quelques idées, un papier et un stylo. Lors de votre première partie, il y a fort à parier que, de vous-même ou poussé par vos joueurs, vous allez improviser certains événements qui n’étaient pas écrits dans le scénario. Vous verrez que ce n’est pas si compliqué. Nous reviendrons plus tard sur les questions d’organisation de votre partie.
La priorité est de parvenir à les plonger dans votre histoire. Une fois qu’ils seront dans le bain, leur imagination leur permettra de « nager », c’est-à-dire de faire avancer l’aventure, de contribuer à cette histoire, de sorte qu’elle devienne une histoire racontée à plusieurs, et non seulement par vous, le MJ. Ainsi, votre histoire deviendra leur histoire.
Réunissez donc autour de vous des personnes qui, comme vous, sont prêtes à s’évader, avec votre aide, dans un monde imaginaire. Ecartez les grincheux et les personnes trop rationnelles qui ont décidé d’avance que votre jeu serait nul. Il faut avoir envie de jouer (ce n’est pas une partie d’échecs) et de faire semblant de croire à des choses qui n’existent pas. Aucun joueur ne doit être spectateur. Les ricanements narquois d’un sceptique désapprouvant vos « enfantillages » vous gâcheraient tout plaisir et ruineraient votre partie.
Chacun doit se sentir en confiance et autorisé à laisser s’envoler son imagination. S’il y a des joueuses dans votre groupe, évitez quand même de donner à la partie un tour sexiste qui les exaspérerait. S‘il y a de jeunes joueurs autour de la table, adaptez-vous : une histoire pour enfants n’étant pas une histoire pour adultes, efforcez-vous de rester dans les limites, disons, d’une histoire pour tout public 🙂 Si vous jouez entre amis proches, les choses se mettront en place très naturellement. Bien se connaître et s’apprécier est un excellent point de départ pour une partie réussie. Si vous accueillez un nouveau dans votre groupe de jeu, prenez le temps de faire d’abord connaissance et de sympathiser, bref, de vraiment l’accueillir, et restez ouvert. Ne multipliez pas les blagues et références qui vous amusent vous, mais qui peuvent donner au nouveau le sentiment d’être exclu. Tout cela peut sembler évident, et pourtant il existe de nombreux témoignages qui montrent que tout le monde ne comprend pas d’emblée ces quelques règles de savoir-vivre élémentaire.
Si vous jouez avec des inconnus ou de vagues connaissances, mieux vaut être déjà un MJ expérimenté, car c’est indéniablement plus difficile. Le mieux est alors d’être joueur dans la partie, et non MJ, ce qui implique que les autres sachent déjà jouer… Si possible, pour vos premières expériences de MJ, mieux vaut jouer avec des proches. Si vous vous joignez à un club de JDR ou à un groupe déjà établi, mieux vaut d’abord venir en tant que joueur, jouer à leurs JDR, apprendre à les connaître, puis, si vous sympathisez, leur proposer une partie de T&T. De votre côté, vous connaîtrez leur style de jeu et ce qu’ils apprécient et, de leur côté, ils seront plus ouverts et bienveillants.
En général, au cours d’une aventure, un personnage peut perdre sa force (en s’épuisant à combattre comme un forcené – voir section 2.6 des règles), son fluide (en jetant des sorts) et sa constitution (en se faisant blesser).
Dans les deux premiers cas, rien de grave, puisque la FOR et le FLU se récupèrent à raison d’1 point par tour complet de repos (toutes les 10 minutes).
Pour la constitution, c’est une autre paire de manches, puisque les points perdus ne se récupèrent en principe qu’une fois l’aventure terminée ! On suppose qu’une fois l’aventure terminée, le personnage se repose et se fait guérir, mais en cours d’aventure, c’est une autre histoire. Les « monstres » (avec un CM), eux, récupèrent normalement pas moins de 5 points de CM perdus par tour de repos. Il s’agit d’une convention. On imagine que les monstres ont eux aussi certains moyens de guérison et de régénération. En revanche, même Conan le barbare pourrait mourir à petit feu à force de multiplier les combats, y compris contre des adversaires inférieurs. En effet, les dommages inévitables subis au cours des combats, ces petites estafilades et autres chevilles foulées que même les plus grands ne sauraient éviter, réduisent petit à petit la constitution, quelles que soient les protections portées. Et ne parlons pas des personnages à faible constitution, tels que les fées et les lutins… D’ailleurs, nous ne saurions trop recommander la lecture de ces quelques conseils de combat pour les fées et ces conseils pour jouer un lutin.
Que faire ? Il existe traditionnellement 3 moyens de faire face :
utiliser le sort Guérison (sort de 2e niveau, tout de même) ;
utiliser une potion de guérison (chère !) ou
utiliser une trousse de secours (10 po seulement) ou une trousse médicale (dix fois plus chère, mais beaucoup plus efficace).
Mais il y a plus : certaines espèces se régénèrent naturellement. Ainsi, comme indiqué dans Les cavernes de Lan-Faer, un troll des cavernes blessé ou amputé se régénère avec le temps. Pourquoi ne pas lui donner le même avantage que les monstres à CM et lui permettre de récupérer naturellement 5 points de CONS par tour complet de repos (10 mn) ?
D’autres espèces sont douées de ce même pouvoir de régénération, comme certains dragons, les loups-garous et les vampires.
Vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire 🙂
Tout d’abord, quels sont les ingrédients d’une bonne partie de Tunnels & Trolls (ou de n’importe quel jeu de rôle) ?
de l’imagination, beaucoup d’imagination (de la part du MJ comme des joueurs),
un certain talent de conteur (MJ) et de l’enthousiasme (MJ et joueurs),
un cadre à l’histoire (avec au moins une carte des lieux si possible),
des idées de scénario pour donner un but aux joueurs (peut être plus ou moins complexe).
Voilà pour le socle, ou la pâte à pizza, si vous préférez :-). Vient ensuite la garniture :
des personnages joués par le MJ (les PNJ) hauts en couleur,
des monstres et autres créatures extraordinaires ou loufoques,
des trésors et autres récompenses et enfin, pour la touche de tabasco,
des pièges.
Pour les monstres, vous en avez déjà un échantillon (les monstres des cavernes) dans le livre des règles. Nous vous avons également proposé quelques conseils de création de monstres sur ce site.
Mais pour les pièges, alors là, il faut beaucoup plus de place. Tant de place, en fait, que ça prendrait tout un livre. C’est ce qu’a d’ailleurs pensé également notre ami maître Sinh, qui a décidé d’en faire l’un de ses prochains projets. Un projet qui sera peut-être également réalisé aussi grâce à vous, chers lecteurs, puisque ce livre des pièges de Grimtooth sera financé par une souscription sur Ulule. Ce sera en même temps, de fait, le premier supplément pour Tunnels & Trolls 8 si on met de côté les aventures pour groupe et les solos.
Pour en savoir plus sur Grimtooth 3.0 et participer aux discussions sur ce projet, rendez-vous sur le site Narrativiste.eu sur lequel vous trouverez un échantillon de quelques pages en téléchargement gratuit, pour vous mettre l’eau à la bouche. De plus, comme toujours, vos commentaires et questions sont les bienvenus sur notre site T&T8 ou notre page officielle Facebook.
Comme annoncé précédemment dans l’article votre personnage est mort… que faire ?, voici quelques indications sur la manière de le faire revivre… d’une certaine manière 🙂
Donc, votre personnage n’est plus que l’ombre de lui-même, sa constitution étant descendue sous la barre des -10. Incurable, définitivement mort, direz-vous : que nenni ! Tout n’est pas fini, car vous jouez à Tunnels & Trolls, un monde de magie où l’absurde le dispute au surréaliste. Sur la Terre des Trolls, un personnage mort a encore plein de ressources et de possibilités. Certains rejoignent le Trollhalla et deviennent des légendes ou des demi-dieux qui peuvent parfois intervenir sur la destinée des vivants, d’autres descendent dans l’Abysse (un mini-solo pour T&T jouable exclusivement par les personnages morts et que nous ferons paraître en français cette année), mais plus nombreux encore sont ceux qui, au-lieu de partir dans l’au-delà, s’accrochent au monde des vivants. C’est cette volonté de vivre qui en fait soit des fantômes, soit des morts-vivants.
Si votre personnage a été dévoré ou détruit d’une autre manière, il deviendra un fantôme. Autrement, il se relèvera sous forme de mort-vivant, de zombie. Un MJ pourrait décider que l’un et l’autre processus nécessitent l’intervention d’un puissant sorcier ou être supérieur, mais pas nécessairement.
Les fantômes sont des êtres spirituels présents seulement en partie sur le plan d’existence matériel. Aucune arme ordinaire ne peut les atteindre. Seules les armes magiques ou enchantées et les sorts peuvent les toucher. Pour calculer le total d’attaque d’un fantôme, on détermine leur bonus de combat au moyen des 4 attributs mentaux : INT, FLU, CH et CHR. Un fantôme jette 1D6 par niveau au combat. Les dommages infligés par un fantôme sont déduits du CM ou du FLU s’il s’agit d’un personnage. Si le CM de l’adversaire du fantôme tombe à 0, il est mort. Le fantôme absorbe sa vitalité pour augmenter son FLU et son INT. Si le FLU de l’adversaire d’un fantôme tombe à 0, tous les points de dommage subséquents sont déduits de son INT. Un adversaire vaincu par un fantôme aura un FLU et une INT réduites à 0. Son âme est absorbée par le fantôme, qui s’en nourrit pour augmenter son propre FLU et sa propre INT. L’enveloppe charnelle de l’adversaire vaincu dépérit et meurt. Brr.
Les zombies sont particulièrement coriaces. Ils ne peuvent être aveuglés, puisqu’ils n’utilisent pas leurs yeux pour voir. Les armes perçantes sont sans effet sur eux, seules peuvent les blesser les armes tranchantes ou contondantes. Les zombies sont particulièrement sensibles au feu.
Les règles de T&T ne comportent pas de multiplicateurs d’attributs pour les fantômes et pour les zombies, mais Monsters Monsters!, le jeu de rôle dérivé de T&T conçu spécialement pour jouer des monstres, y avait pensé. Nous nous en sommes inspirés pour établir ce tableau :
FANTÔMES
FOR, DEX, CONS et POIDS : sans objet. Tous les autres attributs × 1.
ZOMBIES
FOR x 2 ; CH x 1/4 ; CONS × 3 ; DEX et INT : 3 points. Tous les autres attributs × 1.
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Deuxième aventure pour groupe 100 % française, Vingt Mille Lieues sous les terres vous emmènera sous la cité-forteresse de Khazil, dans les profondeurs de la Terre des Trolls. "Une belle petite campagne. Le scénario nous emmène, avec quelques petites astuces, et c'est parti pour une dizaine de séances. Vraiment, une bonne découverte !" (38 CC Escape Game)
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"Certes, son background est léger et l’aventure plutôt courte, mais les traits d’humour et le côté Old School en font un module culte incontournable." (Casus Belli # 3, mai-juin 2012)
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« Ce supplément respecte parfaitement les codes du genre et on peut saluer l’utilisation de certaines créatures, assez originales… » (Le Maraudeur n° 14, septembre 2014). Les jungles-araignées de Boomshartak, c’est en quelque sorte du grand n’importe quoi traité intelligemment et avec sérieux. Cet OVNI est donc une sacrée réussite! » (Casus Belli n° 9, mai 2014)
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