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Le citoyen, cet inconnu

Citoyens de la Terre des Trolls

Le citoyen est tout simplement le personnage par défaut de Tunnels & Trolls. L’écrasante majorité de la population de la Terre des Trolls est en effet composée de citoyens et de citoyennes.

Le plus souvent, ces personnages font partie du décor des aventures ou en sont des acteurs secondaires. Ainsi, dans différentes aventures pour T&T, certains PNJ (personnages non joueurs) sont des citoyens. Citons Barakka l’alchimiste (citoyen de N2, spécialiste en alchimie), qui apparaît dans À la poursuite du Serpent d’Argent, Karlya la marchande et Halagalatindoufiel la ménestrelle, dans Le Nain Ivre, Fanfrelin le chasseur de trésors, dans Au cœur des brumes, etc.

Le citoyen n’est pas quelqu’un d’exceptionnel. Si vous amenez un brelan à l’un de ses attributs, il sera automatiquement un spécialiste.

Certes, le citoyen peut avoir appris à manier une arme (on pense au chasseur, qui se servira d’un arc, au mendiant ou au vagabond, qui sauront manier le grand bâton, ou au coupe-bourse, qui saura se servir d’un couteau). Il se battra alors en bénéficiant des dés de cette arme et de l’éventuel bonus de cette arme. Cependant, son bonus de combat sera diminué de moitié. Ce handicap n’est pas si grave pour un personnage de faible niveau. En effet, la plupart des personnages débutants ayant de toute manière un bonus de combat faible, ce handicap ne devrait pas coûter plus qu’une poignée de points dans le potentiel d’attaque du citoyen. De plus, il peut se servir sans problème d’une armure ou d’un bouclier, mais ne bénéficie évidemment pas du bonus du guerrier.

Le citoyen peut même avoir appris un ou deux sorts auprès d’une guilde (comme celle des marchands, des voleurs ou des forgerons, à des prix exorbitants), mais à condition, pour que le sort réussisse, de réussir non seulement l’épreuve d’intelligence habituelle, mais de réussir en plus une épreuve de dextérité au niveau du sort. À sa création, le citoyen connaît un sort en rapport avec sa profession (éventuellement créé pour l’occasion) si vous amenez un 6 en lançant un dé.

Jouer un citoyen est déconseillé, sauf pour le joueur qui cherche à relever un véritable défi. (Ken Saint-André)

Ce qui caractérise habituellement un citoyen est la profession qu’il exerce. Par conséquent, ses talents sont normalement liés à son métier (cultivateur, pêcheur, comédien, aubergiste, serrurier, scribe, etc.). Ce métier peut être fortement lié à son histoire familiale (voir en ce sens par exemple  Gens du peuple, l’un des suppléments écrits par Lolof pour sa campagne T&T) .

Même si un citoyen n’est pas, par définition, un aventurier, il peut, à un moment de sa vie, se lancer dans quelque aventure : pensez à Bilbo, devenu « voleur », ou à Loial l’ogier. Concernant ce dernier, on notera que, dans T&T, tous les géants sont des citoyens, ce qui ne veut pas dire que, comme Loial, ils n’aient pas une considérable puissance de frappe en cas de combat.

Si vous voulez tenter l’aventure avec un citoyen, il vous faudra donc prendre du temps pour le peaufiner (arme de prédilection, talent initial, histoire personnelle).

Il est parfois difficile de faire la différence entre un héros et un citoyen ordinaire. Ainsi, il se peut fort bien que l’aubergiste grisonnant et sa femme elfe que l’on voit à droite du dessin ci-dessous ne soient rien d’autre que ce dont ils ont l’air, à savoir un couple de commerçants ordinaires gérant une modeste taverne, peu rentable, en périphérie d’un village. Ils ont élevé trois enfants, tous devenus adultes et partis chercher fortune dans le vaste monde. Il ne viendrait jamais à l’esprit de leurs voisins que ces gens bien tranquilles, dans ce village où tout le monde croit se connaître, puissent être en réalité à la tête d’une organisation secrète effectuant des missions d’assassinat ou d’espionnage pour le compte de clients habitant dans des villes lointaines. (Ken Saint-André)

Alors, c'est qui le plus fort, hein ?

(c) 2013 Liz Danforth et Steve Crompton

Troll de questions

Vous le savez, c’est avec grand plaisir que Grimtooth répond à vos questions, que ce soit sur les règles du jeu, sur les aventures déjà publiées ou sur les publications futures. Et, pour que vous puissiez tous en profiter, nous les publions sous forme d’article avant de les intégrer dans la section FAQ du site.

Le fameux « effet de choc »

Peut-on imaginer que le tireur à bout portant parvienne à ne pas entrer dans la mêlée (protégé, par exemple, par ses compagnons qui font écran) et que, donc, au tour suivant, il tire à nouveau et que l’effet de choc se reproduise ?

Pour un tireur à bout portant, il existe toujours le risque, décrit à la page 88 des règles, que sa cible survive. En ce cas, le tireur ne peut plus se défendre contre la riposte de sa cible. Et tout se passe durant le même tour de combat (le tir et la riposte contre laquelle le tireur ne peut rien faire) ! L’effet de choc procure en effet un grand avantage, mais il doit aussi, en contrepartie, représenter un gros risque…

Si le tireur est protégé par les autres membres de son groupe, cela revient à vouloir garder l’avantage de l’effet de choc sans avoir à en subir les inconvénients. Bien vu ! 😉 Sauf que… Comment le tireur pourrait-il viser juste alors qu’il a devant lui des compagnons d’arme en train de s’agiter dans tous les sens ? Il risque de toucher l’un d’entre eux ! En principe, sa ligne de tir devrait être dégagée, alors que là, faire mouche n’est peut-être pas impossible, mais en tout cas très difficile. À Grimtooth, nous pensons que le niveau de l’épreuve de dextérité à réussir doit alors être doublé. Si la MEP est ratée, alors non seulement la cible est manquée, mais un compagnon est touché ! Si la MEP est réussie, la cible est touchée et le groupe adverse subit l’effet de choc, sans que le tireur ne puisse être inquiété par l’un de ses ennemis.

Je n’ai en revanche pas compris le cas où le tireur est le seul combattant… Il tire à bout portant et réussit, donc dégâts et ensuite effet de choc, mais concrètement, quand son adversaire arrive sur lui, il a encore son arc en main ou vient de lancer un sort, il ne peut donc pas se défendre avec une arme de combat rapproché, si ? Ou alors considère-t-on que c’est le tour suivant car le choc du projectile a laissé le temps au tireur de s’armer, mais dans ce cas-là, pas de raison d’appliquer l’effet de choc, si ?

Le tireur qui attend le dernier moment pour tirer à bout portant atteint plus aisément sa cible. En plus, il provoque chez ses ennemis un effet de choc. Ce n’est pas rien. Par exemple, s’il totalise une attaque de 30 points, son adversaire va déjà subir 30 PDD dès lors que le tir est réussi. Si le tireur est seul face à un adversaire qui survit au tir, il se retrouve effectivement désarmé, comme décrit dans les règles. Cependant, l’effet de choc lui procure 30 points d’attaque dans le combat de mêlée face à son adversaire, qui vient de perdre 30 points de CM ou 30 points de CONS. D’ailleurs, si le monstre perd 30 points de CM, son attaque sera réduite, puisque son bonus de combat sera diminué. Pas évident que le tireur risque nécessairement d’y perdre la vie. La situation est plus difficile si le tireur est seul face à plusieurs adversaires, puisqu’il est alors sûr que, même en abattant l’un d’entre eux, il va se retrouver sans défense face à l’attaque des autres, à tout le moins durant ce tour de combat. Le temps de parvenir à sortir une arme de mêlée, on est déjà au tour de combat suivant ! Par convention de jeu, on considère en effet qu’il faudra plus de temps au tireur pour se débarrasser de son arc et pour tirer son sabre au clair qu’il n’en faut pour l’ogre d’en-face pour lui broyer les membres. Soit dit en passant, un jeteur de sorts est mieux pourvu en ce cas, puisqu’il peut à la fois jeter un sort et manier une arme durant le même tour de combat. Les sorciers ont seulement la limite indiquée à la page 58 des règles. S’ils se servent d’une arme simple, pas de problème. Sinon (arme valant plus de deux dés au combat), ils ne peuvent pas jeter un sort tout en s’en servant.

Nous venons de décrire la règle générale ordinaire, mais c’est bien sûr au MJ de s’adapter à la situation. Exemple : Bérel vient de lancer un pilum à bout portant sur un troll qui le charge. Le troll est touché, mais ne meurt pas sur le coup et poursuit sa course. Dans moins d’une seconde, Bérel va se prendre un troll lancé à pleine vitesse sur le corps et risque de se faire écrabouiller. Le joueur déclare : « Bérel arrache le pilum du thorax du troll, plonge sur le côté et le lui enfonce dans le cœur. » Le MJ improvise : « Bon, d’accord, très bien. Bérel bondit immédiatement pour arracher le pilum. Pour réussir le coup que tu viens de décrire, il devra réussir une épreuve de vitesse au 5e niveau et une épreuve de force au 2e niveau, puis enfin une épreuve de dextérité au 2e niveau. S’il réussit toutes ces MEP, il tue le troll dès le 1er tour de combat. Un coup de maître ! Par contre, s’il en rate ne serait-ce qu’une, il se fait réduire en bouillie par le troll furieux ». C’est un peu du « quitte ou double ».

L’initiative au combat

La question suivante concerne l’initiative : comment préconisez-vous de traiter ce point déterminant lors des engagements ?

Il n’y a pas d’initiative dans T&T en principe. Mais imaginons un duel entre pistoleros. Le premier à dégainer a en principe gagné s’il est capable de bien viser et si son arme fonctionne bien. Chaque duelliste fait une épreuve abstraite de vitesse (sans niveau). Celui qui a le total le plus élevé est le plus rapide à dégainer. Il lui faut ensuite réussir l’épreuve de dextérité qui lui permettra de faire mouche, et le tour est joué.

Si on parle de l’ordre dans lequel s’enchaînent différents sous-combats (combat entre deux camps répartis chacun en sous-groupes), en principe, tous ont lieu durant le même tour de combat, plus ou moins simultanément. En cas d’actions critiques durant le TC, quelques dizièmes de seconde peuvent faire la différence et il existe alors plusieurs solutions, dont nous parlerons dans notre prochain supplément sur les règles et la Terre des Trolls, à paraître probablement en 2017.

Les arcs et les flèches

Concernant arcs et flèches : les tableaux pages 28 et 29 donnent des dés (et éventuels bonus) pour les arcs et pour les flèches. Qu’est-ce que cela signifie ? Que lorsque je tire, j’utilise la valeur de l’arc, quelle sur soit la flèche les dégâts sont les mêmes ? En ce cas, quand utiliser la valeur pour la flèche ? Si comme Legolas je l’utilise pour transpercer la gorge d’un orc en la tenant à la main ?

Si vous regardez attentivement les tableaux, vous verrez qu’il n’y a aucune indication de dés et de bonus pour les carreaux et pour les flèches (voir toutefois notre erratum, car il y avait une erreur sur ce point-là précisément, laquelle n’a été corrigée que fin 2015). Les projectiles sont en effet considérés comme neutres. C’est l’arc ou l’arbalète qui détermine les dés et bonus d’arme, quel que soit le projectile. Cela dit, des flèches ou des carreaux particulièrement sophistiquées peuvent éventuellement donner un bonus de 1 à 3 points, si vous voulez en mettre à disposition.

Si un joueur tente de se servir d’une flèche pour percer la gorge d’un adversaire, il faut traiter ça comme une épreuve appliquée au combat. L’épreuve se résoudra en choisissant l’attribut (ici, probablement la DEX) ou le talent concerné (ici, probablement un talent de type « combat rapproché »), et le niveau de l’épreuve (forcément élevé, en fonction du nombre d’adversaires, de la configuration du terrain, de l’équipement porté par Legolas, etc.). Si la MEP est réussie, gorge transpercée, adversaire tué (mais s’il n’est pas seul, les autres frapperont Legolas dans le dos, il faut donc avant tout isoler un adversaire !). Si l’épreuve est ratée, gorge loupée et on considère Legolas comme désarmé face à un adversaire armé. Chez Grimtooth, nous suggérons qu’en ce cas, la flèche se casse sur le bord de l’armure ou sur un os de l’adversaire, pas loin du cou, et Legolas n’a plus que 2D6 pour se battre (à mains nues) durant ce TC.

Du coup, il n’y aurait pas de nuance de type de flèche (légère, lourde, à pointe crantée…) quand on la tire à l’arc, seul la « force » de l’arc entre en compte ?

Exact. Mais, encore une fois, des projectiles plus élaborés devraient pouvoir donner un bonus. Même chose pour les carreaux.

Calibrage des combats et tactiques de combat

Le système du CM simplifie les choses mais en même temps, j’ai rencontré un souci que j’aimerais partager avec vous pour voir comment vous le traitez. Si je crée le monstre avec les préconisations des règles en fonction de la puissance de mon équipe de joueur, tant que ceux-ci sont en bande et qu’ils se répartissent les dommages, c’est équilibré, mais si durant le combat, un des aventuriers se retrouve seul face au monstre (en début de combat surtout) alors que le monstre a été calculé pour un groupe de 5, cela devient très mortel car il a un CM et un bonus démesuré comparé à la CONS du personnage ! Comment éviter que la mort survienne alors promptement ?

C’est une question de tactique pour le groupe de joueurs. Il est déraisonnable de laisser l’un d’entre eux se débrouiller tout seul face à un groupe d’adversaires durant le tour de combat initial. Bien sûr, un sort comme Lame de Vorpal pourrait l’aider à s’en sortir, ou un tir préalable à distance, ou  encore un sort d’attaque à distance pour réduire les adversaires avant la mêlée. Il y a aussi beaucoup d’avantages à combattre en groupe avec une fée ou avec un lutin, en termes de tactique.

Projets de Grimtooth pour Tunnels & Trolls

Je terminerai par venir aux nouvelles de la traduction de la version Deluxe, de l’écran, d’un compagnon éventuellement, bref ! Quelles sont les nouvelles de la Terre des Trolls ? 😉

La version de luxe ne sera pas traduite, seuls certains éléments en seront extraits et traduits : tout d’abord la chronologie de la Terre des Trolls et tout ce qui concerne l’univers de T&T en général, avec des cartes bien sûr ; deuxièmement probablement l’aventure pour groupe figurant dans le livre, mais elle sera traduite séparément ; troisièmement certaines précisions ou évolutions des règles que chez nous, à Grimtooth, nous considérons comme utiles, le tout complété par des éléments que nous recueillerons auprès de Ken St. Andre. En ce qui concerne l’écran, un travail préalable a été effectué. Nous devons être certains d’avoir au dos de l’écran (côté MJ) tous les éléments utiles. Or, certains proviendront du supplément à paraître. Donc, la parution de l’écran est retardée, d’autant plus que nous envisageons de changer le dessin de l’écran.

Nous terminerons donc par une question pour vous lecteurs : êtes-vous satisfaits de la couverture américaine de l’écran (ci-dessous) ou préférez-vous que le dessin soit changé ?

Le monde de Tunnels & Trolls

Le monde de Tunnels & Trolls

Vos personnages gagnants

Merry Christmas

En l’honneur de Noël, voici un article que nous avions publié il y a quelque temps sur la retraite de vos personnages, article tout à fait dans la ligne de la carte de Noël de Simon Lee Tranter pour cette année, sur laquelle on voit un ancien aventurier recyclé en Père Noël 🙂

Joyeux Noël !

Comme tous les jeux, Tunnels & Trolls a ses gagnants et ses perdants, bien que la plupart des personnages (et donc des joueurs) se retrouvent quelque part entre ces deux pôles. Les perdants absolus sont ceux qui sont morts, c’est le pôle extrême négatif, bien qu’il y ait, comme nous l’avons vu, des manières d’atténuer les dégâts ou de donner à ce personnage une seconde vie. Les vrais gagnants sont ceux qui, non seulement survivent, mais atteignent les objectifs de l’aventure. À force, ces personnages gagnent en richesse et en puissance, montent ainsi en niveau, et parviennent finalement à des sommets. Que faire alors ? C’est ce que nous allons voir.

 Alors voilà : votre meilleur sorcier est devenu grand maître du Cercle et votre plus grand guerrier est devenu roi de Carésie. Qu’allez-vous en faire ?

Le dîner s'agite, on dirait !

Vous pourriez évidemment leur demander une place au Panthéon, ce monument de Khosht dédidé aux héros de la Terre des Trolls. Il suffirait alors de postuler en nous envoyant leur fiche à contact arobas tunnels-et-trolls.eu.

Mais vous pourriez peut-être quand même leur trouver une utilité plus active. D’autres aventures, de niveau plus élevé, les attendent. Ken St. Andre avait créé à cette fin son solo Agent of Death, dans lequel le personnage devait tout simplement entrer au service de Lerotra’hh, déesse de la mort et impératrice de Khazan, pour sauver la Terre des Trolls, rien que ça ! Qui sait, peut-être oserons-nous un jour le publier en français ? Plus modestement, il avait créé une autre aventure en solitaire, The Toughest Dungeon in the World, qui, remaniée et augmentée par ses soins, fut traduite en français par les nôtres pour devenir Les cavernes de Lan-Faer. Ce solo est si difficile qu’il est normalement réservé aux trolls des cavernes, aux ogres et autres minotaures, mais si vous avez un héros humain dans votre écurie personnelle, vous devriez l’y envoyer ! Dans un autre genre, et répondant à notre suggestion, notre ami JongJungBu avait écrit le solo Barony of Sanris, dans lequel le héros est appelé tout simplement à gérer son petit fief 🙂

 

Conan enchaînéUn personnage de haut niveau peut se permettre toutes sortes de fantaisies, à commencer par l’achat de terres et de châteaux, de navires, d’esclaves, de chevaux et autres animaux, d’armures et d’armes magiques incrustées d’or et émaillées, forgées par les meilleurs maîtres Nains dans du mithril, etc. Evidemment, tout cet étalage de richesse pourrait lui attirer toutes sortes d’ennuis et d’ennemis envieux, mais qui a dit qu’être riche et puissant était facile ? S’il dirige une guilde, il lui faudra compter avec les traîtres et les rivaux ; s’il est le seigneur d’un fief, on lui fera la guerre ou son suzerain exigera de lui l’accomplissement du service de l’host ; s’il est un grand sorcier, démons et demi-dieux lui courront après.

Finalement, il n’est pas rare qu’un roi soit destitué, voire assassiné, et qu’après avoir connu la gloire et la richesse, votre meilleur personnage se retrouve sans rien et aux abois… tout sera alors à recommencer !

L’ambidextrie

Deux précautions valent mieux qu'uneNormalement, on est soit gaucher, soit droitier. Rares sont les personnages ambidextres. Cela ne signifie pas qu’un droitier ne puisse pas apprendre à se servir d’une seconde arme (sinon, la « main gauche », par exemple, n’existerait pas), mais cela signifie que combattre simultanément avec deux armes lui sera plus difficile que de se battre au moyen d’une seule arme avec sa main de prédilection. D’où la règle qui veut que pour manier deux armes en même temps, il faille cumuler la FOR et la DEX requises pour chacune de ces deux armes (voir page 25 des règles). Cela rend le maniement simultané d’une épée et d’une dague assez difficile, bien qu’il soit relativement facile de manier simultanément deux dagues. En revanche, se battre avec deux glaives, par exemple, relève du tour de force (et d’adresse).

Alors, les ambidextres, dans tout ça ? Grimtooth vous propose la règle facultative suivante. Si, en créant un personnage, vous obtenez un brelan pour sa DEX, il est ambidextre. Oui, même si vous avez amené trois fois 3, il sera ambidextre : On fait moins le malin !plutôt maladroit, mais ambidextre quand même. Et cette ambidextrie lui sera sacrément utile, car elle lui permettra de manier simultanément deux armes sans cumuler la FOR et la DEX requises pour les deux. Exemple : Gonltier le Guerrier a une FOR de 14 et une DEX de 9 (obtenue par un brelan de 3). Ambidextre, il peut manier à la fois un glaive et un sabre court. Son frère d’armes Gontran le Chevalier, avec également une FOR de 14 et une DEX de 9 (obtenue avec un lancer de 3, 2, et 4), non ambidextre, ne pourra manier que l’une de ces deux armes à la fois (pour les manier simultanément, il lui faudrait une FOR de 17 et une DEX de 12).

Remarque finale : si vous appliquez cette règle facultative, tous les forestiers / tireurs d’élite seront ambidextres, ce qui leur donnera un attrait supplémentaire.

Le jeu de rôle et les jeunes (2e partie)

Si vous voulez faire des parties de Tunnels & Trolls, vous allez devoir soit initier des rôlistes à ce nouveau jeu, soit apprendre T&T à des jeunes qui ne savent pas encore ce qu’est un jeu de rôle. La tâche n’est pas si compliquée qu’elle en a l’air et, pour vous inspirer, Grimtooth a décidé de passer la plume à un MJ expérimenté en la matière : Soulclone, qui propose un article en deux parties dont voici la seconde. Grrraall interviendra éventuellement dans des encadrés pour ajouter son grain de sel, mais vos commentaires, questions et témoignages sont plus que les bienvenus ! Soulclone, tu as la parole !

Rendez-vous dans l'empire de Khazan, dans la tête du Dragon !

Rendez-vous dans l’empire de Khazan, dans la tête du Dragon !

Il y a également un élément important à faire passer quoi qu’il arrive avec Tunnels & Trolls. Je pense que c’est la liberté que permet le jeu pour les MJ comme pour les joueurs. Pour les MJ, ce que je dis à tout néophyte, c’est qu’il peut créer absolument toutes les histoires qu’il veut dans les univers qu’il veut avec ce jeu, et qu’il n’y avait aucune limite, même si les règles sont plutôt faites pour de la fantasy. Mais il ne faut pas oublier qu’il n’y a presque aucune restriction pour les joueurs également, et avant de commencer à lancer les dés pour créer les personnages, demandez à votre groupe de joueurs débutants ce qu’ils ont envie de jouer. Ne leur parlez pas des types ou des espèces de personnages dans un premier temps, dites-leur simplement d’imaginer n’importe quel type de personnage pouvant vivre dans un monde de fantasy. S’ils sont perdus, proposez-leur les espèces et les types de personnages du livre de règles en leur précisant bien que ce ne sont que des concepts que l’on peut élargir à volonté. Pour les magiciens, soit vous leur donnez le livre de règles avec les sorts de premier niveau et ils lisent un peu en début de partie ou quand ils ont envie de faire quelque chose. Soit vous gérez vous-même, et si le joueur vous propose une idée de sort, vous lui expliquez le sort qui se rapproche le plus de son idée, ou même vous lui laissez faire ce qu’il veut. Ce n’est qu’une partie d’initiation, après tout, faites-lui dépenser un certain nombre de points de fluide selon la puissance du sort, mais laissez-le faire ce qu’il veut.

héros de mangaPour les personnages, c’est pareil, allez dans le sens des joueurs. Si vous n’êtes pas de la même génération, vous n’aurez peut-être pas les mêmes références. Lors d’une convention de jeu de rôle, je suis tombé sur un groupe de jeunes très geeks avec des références qui venaient des mangas et des jeux vidéo que je n’avais pas du tout. Ils me disaient « je veux être comme untel dans tel manga ». Je leur demandais alors ce que c’était en bref et ils me répondaient des choses du genre « ben c’est un ange damné qui s’est fait mordre par un vampire, donc il est tout noir avec de grandes ailes et il est super fort… ». Eh bien profitez de l’outil que vous avez entre les mains. Dans Tunnels & Trolls 8, il y a beaucoup de modèles génériques pour jouer toutes sortes de créatures, il vous suffit de vous en inspirer pour donner au joueur les modificateurs qui correspondent à l’idée qu’il a en tête. Ce groupe de joueurs m’a fait une équipe très bigarrée et fort éloignée des types des personnages dont j’ai l’habitude, mais ils se sont amusés comme des petits fous, et c’est le principal.

Vous pouvez aussi vous adapter à l’âge de vos joueurs. Le plus jeune que j’aie eu l’occasion d’initier à Tunnels & Trolls avait 9 ans. Eh bien je lui ai fait jouer Le

Le Nain Ivre

Embarquez dans le Nain Ivre !

Nain Ivre et c’est très bien passé, même si, dans mes descriptions, je ne m’attardais pas sur les effets un peu gore que peuvent avoir les blessures lors de combats d’épées avec des pirates. À ma grande surprise, ce n’est pas tant le garçon que sa mère qui était un peu réfractaire à ce genre de détails – lui s’amusait follement à jouer un loup-garou vampire suceur de sang.

Dernière chose, surtout si vous êtes en convention, soyez proactif. Ne restez pas assis derrière votre table à attendre que les gens viennent à vous. S’ils viennent, tant mieux, mais sinon, n’hésitez pas à  aborder les gens, à leur demander s’ils ont déjà entendu parler de jeux de rôle et, le cas échéant, s’ils savent vraiment ce que c’est. Si vous voyez un petit jeune qui tourne autour de votre stand ou près des stands de jeux de rôle, l’air un peu perdu, mais curieux, n’hésitez pas. Au pire, il n’aura pas besoin de vous, parce qu’il connaît déjà, et au mieux, vous lui ferez découvrir une nouvelle activité enrichissante. N’hésitez pas à présenter quand même le jeu et ses principes aux gens qui n’ont pas le temps de faire une partie. Amenez des documents également, donnez des fiches de persos ou l’abrégé des règles, par exemple, aux gens qui sont intéressés ou à ceux qui ont fait une partie de découverte avec vous.

Les gobelins de l'arbreBref, soyez prosélyte et proactif et surtout à  l’écoute des jeunes rôlistes en devenir. Quoi qu’il arrive, allez dans leur sens et ne cherchez pas à leur imposer votre point de vue de vieux briscard qui a tout essayé. Soyez dans le dialogue et soyez dans une démarche pédagogique sans être un maître de conférences. Vos joueurs n’auront pas envie de réitérer leur première expérience s’ils ne s’amusent pas ou s’ils s’ennuient avec quelqu’un qui leur propose quelque chose d’inadapté à leurs goûts.

Que ce soit La ravine aux gobelins, Le Nain Ivre ou quelque chose de votre cru, proposez-leur une partie courte dans l’idéal. Cependant, ne vous formalisez pas si certains ont envie de jouer toute l’après-midi parce que, pour eux, l’occasion ne se reproduira pas avant très longtemps. Dans ce cas, ayez autre chose de prévu dans votre besace pour continuer ou étoffer le scénario prévu en deux heures ou même un autre selon le type de joueurs. C’est à vous de vous plier aux envies des autres, vous aurez bien l’occasion de tyranniser vos joueurs habituels lors de votre campagne hebdomadaire entre copains.

Il y a un autre cas que je n’ai pas abordé, c’est celui des joueurs débutants que l’on invite lors d’une campagne en cours pour leur faire essayer le jeu de rôle. Ce n’est pas une mauvaise idée, mais je vous conseille d’adapter le scénario du jour en fonction et, dans ce cas-là, de vous référer aux conseils donnés précédemment.

Et vous, comment faites-vous ?

Le jeu de rôle et les jeunes

Si vous voulez faire des parties de Tunnels & Trolls, vous allez devoir soit initier des rôlistes à ce nouveau jeu, soit apprendre T&T à des jeunes qui ne savent pas encore ce qu’est un jeu de rôle. La tâche n’est pas si compliquée qu’elle en a l’air et, pour vous inspirer, Grimtooth a décidé de passer la plume à un MJ expérimenté en la matière : Soulclone, qui propose un article en deux parties dont voici la première. Grrraall interviendra éventuellement dans des encadrés pour ajouter son grain de sel, mais vos commentaires, questions et témoignages sont plus que les bienvenus ! Soulclone, tu as la parole !

Aujourd’hui, on le voit bien, une nouvelle génération d’adolescents, voire même d’enfants, s’abreuve de jeux vidéo, de séries télé, de bandes dessinées et de films dont les thèmes sont les super-héros, la fantasy, la science-fiction, le fantastique. Des thèmes que nous connaissons bien, nous les rôlistes. Pourtant, ils sont relativement peu à avoir entendu parler de notre loisir. Mais si nous, quand nous avions le même âge, avons succombé à la passion des dés, pourquoi n’en serait-il pas de même pour les jeunes d’aujourd’hui ?

Mettez du manga dans voter T&T

Eh bien peut-être que, dans la masse d’informations impressionnante qui nous entoure, il est difficile pour un loisir relativement confidentiel de venir aux oreilles de la nouvelle génération. Et c’est là que nous entrons en jeu pour passer le flambeau, parce que sinon, dans quelques années, les rôlistes ne seront plus que quelques dizaines de vieillards éparpillés dans les maisons de retraite de part et d’autre de l’Atlantique, se racontant leurs vieilles histoires de barbares et de sorciers.

Or, en 1975, un monsieur appelé Ken Saint-André a eu la brillante idée de créer un outil facilitant la découverte du jeu de rôle pour les débutants : Tunnels & Trolls, alors autant en profiter.

Deux situations dans lesquelles être prosélyte à propos de notre loisir :

1°) Dans votre entourage avec vos neveux, nièces, vos enfants, votre petit frère ou petite sœur ou encore les enfants de vos amis ou voisins par exemple. Bref, vous avez des jeunes dans votre entourage, et ce loisir pourrait leur convenir. Eh bien n’hésitez pas ! La prochaine fois que vous les voyez, demandez-leur si ça les intéresserait d’essayer le jeu de rôle. Expliquez-leur ce que c’est et, s’ils sont intrigués, proposez-leur une petite partie d’initiation de 1h30/2h avec une création de perso en 10 minutes (franchement, il vous faut plus longtemps que ça, avec Tunnels & Trolls ?), une situation de départ, un élément perturbateur et une résolution par les aventuriers qui deviendront ainsi les héros du jour. Mettez-y du cœur et surtout, essayez de ne pas trop vous prendre la tête avec les règles, le mieux étant qu’elles se résument pour les joueurs à : lance deux dés et ajoute ta chance s’il te plaît. T’as fait combien ? 26. C’est bon, tu évites de tomber dans le trou. Laissez-vous prendre à votre petite aventure et si le principe du jeu de rôle leur plaît, ils seront pris dedans également. Par contre, le jeu de rôle ne plaît pas à tout le monde, et il ne faut pas vous formaliser si l’essai n’est pas transformé. Le principe même de notre loisir n’est pas universel, et c’est bien normal. De la même manière que certains n’aiment pas jouer à certains jeux de société ou à certains (voire à tous les) types de jeux vidéo, certaines personnes n’aiment tout simplement ni le théâtre ni la littérature, deux activités auxquelles le jeu de rôle doit beaucoup également.

Pour accélérer le jeu, vous pouvez proposer aux joueurs des personnages que vous aurez préparé à l’avance pour eux, en fonction de leurs goûts et de l’idée qu’ils se font d’un héros d’aventure (pourquoi pas des animaux anthropomorphes comme dans les dessins animés ? Puisque T&T permet de jouer une fée ou un troll, pourquoi pas un renard bipède et parlant ?). Si possible, faites-leur des fiches simples et petites et tâchez d’y ajouter un portrait de personnage dont ils puissent être fiers (avec Word et un peu de Google-fu, rien de plus facile). Plus vos joueurs sont jeunes, plus il vous faudra prendre en main vous-même l’aspect technique du jeu, mais dans tous les cas, laissez-leur lancer les dés pour leurs personnages !

2°) Il y a une autre occasion pour faire découvrir notre hobby préféré à de nouveaux joueurs potentiels, ce sont les conventions ou toutes manifestations où le jeu de rôle pourrait avoir sa place. N’hésitez pas, s’il y a une petite convention de jeux de société ou de littérature dans votre ville, à proposer une activité de découverte du jeu de rôle aux organisateurs, ils en seront ravis. Dans ce cas-là, il va vous falloir être à l’écoute des personnes intéressées, parce qu’elles seront sûrement intimidées par l’idée même de devoir jouer un rôle devant des inconnus. Soyez magnanime et essayez d’expliquer le jeu de rôle en fonction des références de la personne que vous avez en face de vous (qu’importe son âge, c’est une personne qui mérite autant de considération qu’une autre). Cela vaut également dans le premier cas avec des jeunes de votre entourage d’ailleurs. Demandez-leur ce qu’ils aiment comme jeux (de plateau ou électroniques) ou comme romans, séries ou BD. S’ils jouent aux jeux vidéo  (la grande majorité des ados y jouent quand même) dites-leur que c’est basé sur le même principe, sauf qu’ici, on n’utilise pas de console ou d’ordinateur, mais on crée un personnage sur une feuille de papier comme dans un MMORPG avec des caractéristiques et un niveau et l’univers et les personnages non joueurs seront joués par vous, le meneur de jeu. Il faut bien que les gens comprennent le concept avant de se lancer, sinon ils risquent d’avoir une grande incompréhension en début de partie. La métaphore du roman marche bien aussi, chaque joueur crée un personnage qui pourrait être un personnage de roman et il pourra raconter ce qu’il fait tandis que le meneur de jeu sera le narrateur de tout le reste de l’histoire. Avec Tunnels & Trolls, il ne faut pas hésiter à invoquer Le Seigneur des anneaux comme exemple, que ce soit pour l’univers ou pour l’idée de scénario ou campagne.

Comment ne pas s'identifier aux héros du seigneur des anneaux ?

Un garçon de 15 ans, après la partie de démo qu’on a faite avec sa mère et son frère, a acheté le livre de base pour continuer à jouer avec son frère, sa famille et ses copains. Je n’ai pas un grand mérite, même si j’ai tout fait pour que ça se passe bien. Il était, comme beaucoup, un rôliste potentiel, mais il lui fallait découvrir le jeu pour le savoir. Bref, il a acheté le jeu et, dans l’optique d’être MJ à son tour, m’a posé un certain nombre de questions. Il n’avait absolument pas idée que l’on pouvait faire des suites d’aventures sur une durée très longue avec les mêmes personnages et m’a regardé avec de grands yeux quand je lui ai dit que ça faisait un an et demi que je faisais une campagne en jouant une partie toutes les deux semaines. C’est alors qu’un récit comme Le seigneur des anneaux qui raconte une quête longue et qui passe par un grand nombre de péripéties pour détruire l’anneau et vaincre Sauron est un bon exemple de ce à quoi peut ressembler une campagne.

À suivre…

Les garous dans Tunnels & Trolls

Les garous font partie de la mythologie de Tunnels & Trolls, dont les règles comportaient dès l’origine une section spécifique consacrée à ces créatures à mi-chemin entre l’aventurier classique et le monstre. Les lycanthropes se retrouvaient d’ailleurs bien évidemment aussi dans les règles de Monsters! Monsters! (jeu complémentaire à Tunnels & Trolls et dont nous avons déjà parlé).

Bear Peters

Bear Peters, dessiné par Steve Crompton

Les ours-garous sont des créatures typiques de la Terre des Trolls et doivent leur place dans le jeu à Bear Peters, auteur, entre autres, des aventures pour groupe au nom évocateur Dungeon of the Bear et Catacombs of the Bear Cult (et également auteur du Dungeon of Doom, mais c’est une autre histoire).

Leur statut atypique leur a également valu une place non négligeable dans le jeu pour PC inspiré de Tunnels & Trolls, largement écrit par Liz Danforth, la campagne Crusaders of Khazan, dans laquelle le groupe d’aventuriers est appelé à rétablir l’équilibre entre Lerotra’hh, l’impératrice qui a fini par prendre le parti des monstres, et les espèces humanoïdes laissées sans défense depuis que l’ancien empereur, Khazan, a été plongé dans un sommeil magique sur l’île incertaine.

Les ours-garous ont d’ailleurs acquis de longue date leurs lettres de noblesse sous la plume de J.R.R. Tolkien, créateur du personnage de Béorn.

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Extrait des règles de Tunnels & Trolls, 5e édition

LES GAROUS

On peut s’imaginer des garous bienveillants devenir aventuriers. Leurs attributs seraient variables, avec une série liée à leur forme animale et une autre à leur forme humaine (car les garous sont incompatibles avec les autres espèces telles que les elfes, etc.). Sous leur forme animale, les garous voient leur FOR et leur CONS changer drastiquement, tandis que leur DEX tombe à 3 (les pattes ne sont pas ce qui se fait de mieux pour tenir des armes). Les autres attributs restent inchangés, le CHR dépendant beaucoup de la forme animale et de son degré d’acceptation par le groupe. Si le groupe adore les loups, un coefficient de 1 semble indiqué, mais on voit mal comment un crocodile-garou pourrait avoir un CHR supérieur à 7 sous sa forme de crocodile ! Au combat, les garous, sous leur forme animale, suivent les règles du combat à mains nues. À titre indicatif, la FOR et la CONS des loups-garous sont multipliées par 3 sous leur forme animale, ce coefficient multiplicateur passant à 7/2 pour les tigres-garous et les ours-garous. Après, on voit mal pourquoi quelqu’un voudrait créer une poule-garou. Donc, pour des formes plus fantaisistes, les coefficients multiplicateurs sont laissés à la discrétion du MJ. Enfin, n’oubliez pas qu’avant de se transformer, le garou a tout intérêt à se débarrasser de tout son équipement. Il suffit de penser à ce qu’il pourrait advenir d’un loup-garou en armure de plates qui se métamorphoserait en loup dans son armure : le loup risque d’en sortir plutôt esquinté !

Et dans Tunnels & Trolls 8 ?

Première question : comment se fait la métamorphose ?

Il suffit de lire le bestiaire du livre des règles (partie 2.3) : « La lycanthropie est une terrible malédiction ; elle transforme des êtres normaux (humains ou autres humanoïdes *) en de puissantes créatures animées d’une rage féroce. Les nuits de pleine lune ou dans les entrailles obscures de la Terre des Trolls, les loups-garous conservent leur forme bestiale. Seule l’exposition à la lumière du soleil peut les faire recouvrer leur forme d’être pensant. »

* Différence par rapport aux éditions précédentes.

Par conséquent, la métamorphose opère automatiquement durant les nuits de pleine lune ou dans les tunnels souterrains. Autrement, la métamorphose peut se faire, sauf si le garou est exposé à la lumière du soleil. Quant la métamorphose est volontaire, elle s’effectue un peu comme un sort. Elle nécessite une petite dépense de fluide, égale au dixième du sort Autométamorphose pour un garou, c’est-à-dire de 4 points de FLU. La métamorphose a lieu alors sans épreuve d’intelligence et de manière instantanée, car elle se nourrit d’une magie antérieure beaucoup plus puissante.

Deuxième question : comment combattre un garou ?

Ta gueule !

(c) 2010, Slawomir Maniak

Là encore, il suffit de lire la liste des monstres (partie 2.3 des règles) : « Seules les armes en argent ou les armes magiques peuvent les blesser ; ils sont invulnérables aux autres armes, bien que celles-ci puissent servir en défense, pour parer leurs coups. »

Pour être plus précis, si on combat un garou avec des armes ordinaires, on peut en réalité le blesser, comme on peut le lire dans les règles de Monsters ! Monsters ! (jamais traduites en français) : « ces créatures sont douées d’une faculté d’auto-régénération exceptionnelle. Après chaque tour de jeu (mais pas durant un combat), la CONS du garou se régénère d’un nombre de points égal à sa CH. Cette faculté ne lui permet cependant pas d’augmenter sa CONS initiale, bien sûr. » Il s’agit d’une exception à la règle de régénération des monstres applicable dans T&T, selon laquelle « les monstres récupèrent habituellement 5 points de CM perdus par tour de repos. » (voir partie 2.5 du livre des règles).

Cela peut sembler rendre les garous bien trop puissants. Cependant, n’oubliez pas la partie du livre des règles consacrée aux poisons (1.6.5), avec son sirop argentique… Ce qui nous amène directement à la dernière question…

Troisième question : quels sont les handicaps du garou ?

Toujours dans Monsters ! Monsters !, on peut lire dans la partie consacrée aux garous que, « sous leur forme animale, les garous acquièrent une force surhumaine et une quasi-invulnérabilité aux dépens de leur intelligence et d’une grande partie de leur dextérité. Les armes en argent leur sont fatales, mais les blessures qui leur sont causées par des armes forgées dans d’autres métaux soignent spontanément à une vitesse impressionnante. »

L’élément nouveau est ici le passage sur la perte d’intelligence. Sous sa forme animale, le garou perd en effet (provisoirement) une part de son humanité, ce qui se traduit par une chute de l’intelligence. Dans la 5e édition des règles de T&T, les coefficients d’attributs des loups-garous (sous leur forme animale) étaient ainsi : FOR x 5/2 (un peu moins que ce que disait le texte du livre des règles à un autre endroit, soit dit en passant) ; INT/2 ; CH x 2/3 ; CONS x 3 ; DEX = 3 points et CHR x 4 (probablement parce qu’un loup-garou fait terriblement peur, mais cela dépend de l’idée que l’on se fait de la fonction du charisme).

On peut en retenir au moins que l’intelligence chute fortement, sans que cela affecte nécessairement la mémoire. Ainsi, un garou devrait en principe pouvoir reconnaître ses compagnons d’aventure. Cependant, il ne serait pas absurde d’appliquer aux garous les règles de la partie 2.6 du livre, tant la rage du garou est similaire à celle du forcené. Un garou qui, sous sa forme animale, aurait une INT inférieure ou égale à 8 combattrait alors comme un forcené et ses compagnons devraient le raisonner pour ne pas qu’il se retourne contre eux ! Cela contribuerait à faire du garou un personnage certes puissant et intéressant, mais également dangereux pour lui-même et pour les autres…

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