Archive for juin 2013

Préparer une partie de Tunnels & Trolls

Il ne suffit pas de savoir comment commencer à jouer à Tunnels & Trolls et comment approcher les joueurs, dans quel esprit aussi. Aujourd’hui, nous vous proposons quelques conseils d’organisation concrète, à commencer par

La création des personnages

Chaque joueur devrait avoir au moins 2 personnages, comme nous l’avons déjà conseillé il y a quelque temps. Pour la création des personnages elle-même, plusieurs approches sont possibles:

  1. Créer les personnages à l’avance ou juste avant la partie
  2. Les créer de manière aléatoire ou bien en répartissant entre les attributs un certain nombre de points
  3. Les équiper à l’avance ou en cours de partie

Quand créer les personnages ?

Vous pouvez utiliser des personnages prêts à l’emploi pour passer plus rapidement au jeu. Inconvénients : les joueurs n’apprendront pas comment créer un personnage et n’auront pas d’influence sur le processus de création (tout au plus pourront-ils choisir leurs personnages parmi ceux que vous leur proposerez). En général, c’est une bonne méthode, sauf si vous avez la chance d’avoir face à vous des joueuses/joueurs hyper motivés et partants pour apprendre à créer un personnage. En ce cas, comptez cependant environ 15 minutes par personnage et voyez si vous disposez du temps nécessaire. Demandez à vos joueurs ce qu’ils préfèrent faire. Vous pouvez également leur proposer de créer un personnage et leur remettre un autre personnage prêt à l’emploi.

CombatComment créer les personnages ?

Certains joueurs ont des idées très arrêtées sur le type de personnages qu’ils veulent jouer. En ce cas, pourquoi les contrarier ? Vous êtes là pour leur faire plaisir, après tout. Il suffit d’utiliser la méthode de création « avancée » décrite dans la section 1.4.5 des règles. Le nombre de points d’attributs à répartir (en général une centaine) doit dépendre du niveau de la partie, que vous êtes seul à connaître en tant que MJ. Dosez bien, mais en tout cas, pour des raisons d’équité, donnez à chaque personnage le même nombre de points ! Enfin, soyez souple : si une joueuse refuse de jouer une fée obèse, laissez-lui déterminer elle-même le poids et la taille. Pour le reste (les attributs), la méthode avancée donne aux joueurs une grande liberté, puisqu’elle leur permet de distribuer les points de manière à créer un sorcier plutôt qu’un guerrier, voire de manière à créer un spécialiste.

Quand équiper les personnages ?

Dans Le Nain Ivre, les joueurs ont la possibilité d’équiper leurs personnages au tout-début de l’aventure. Cela peut vous donner l’occasion de leur faire entendre des rumeurs, de les laisser marchander (et apprendre le mécanisme des MEP) et de faire connaissance également en tant que personnages. Les personnages des joueurs ne sont pas censés se connaître. Aux joueurs de trouver une histoire à leurs personnages et de leur inventer ou de leur créer des relations mutuelles. C’est en effet les joueurs qui créent leur groupe de personnages. Cette tâche, que nous avions abordée, n’est pas facile. Plus vos joueurs sont jeunes et inexpérimentés, plus vous devrez les aider. Au début, faites simple, mais, si possible, ne faites pas l’impasse sur cet aspect. Fania, l’elfe de votre joueuse n° 1, peut être la sœur de Belofon, l’elfe de votre joueur n° 2. Ou sa petite amie. Ou son ex. Ou ils peuvent venir de la même forêt. A vous de voir, avec les joueurs.

Vous pouvez également équiper les personnages à l’avance pour aller plus vite, avec le même inconvénient que pour les personnages prêts à l’emploi (qui sont d’ailleurs généralement déjà équipés). De bons compromis sont également possibles, comme proposer à chaque joueur un personnage tout prêt et un autre à créer. Vous pouvez également offrir (sur le marché ou autrement) des paquetages standard, tout prêts, du type qui convienne au plus grand nombre. Exemple : des vêtements de rechange et un havresac, des provisions pour 1 journée, 3 torches, un briquet à silex, une boussole, 10 m de corde de chanvre, des bottines molles, une trousse de secours, une terbutje (3D6+5) et un gambison (1 PP), le tout pour un poids de 350 unités et un prix d’ami de 110 pièces d’or. A charge pour ceux qui disposent encore de pièces d’or à dépenser de compléter cet équipement de base.

Lancer un groupe de joueurs

Si vous n’avez jamais été MJ, voici quelques conseils qui vous permettront de vous lancer 🙂

OK, vous savez ce qu’est un jeu de rôle, puisque vous jouez à Tunnels & Trolls (section 1.3 du livre de règles) et vous avez lu les conseils aux MJ (section 2.13 des règles), mais vous ne savez pas comment démarrer une partie concrètement. Plusieurs questions se posent, et notamment celles-ci : avec qui allez vous jouer ? comment organiser votre partie ? Nous commencerons par la première question…

Comment réunir un groupe de joueurs ?

Quand on veut faire une partie de Monopoly, la question ne se pose pas. On peut jouer en famille ou avec des amis, bref, avec des gens avec qui on a envie de s’amuser, de rigoler ensemble. Eh bien, c’est la même chose (ou presque) pour un jeu de rôle comme Tunnels & Trolls. Tout est dans le « ou presque »…

En effet, un jeu de rôle n’est pas un banal jeu de plateau, car il demande aux joueurs de faire preuve d’imagination et de s’impliquer un peu pour véritablement « jouer » leur(s) personnage(s). Vos joueuses et joueurs devront donc, à défaut de savoir déjà ce qu’est un jeu de rôle ou, encore mieux, d’y avoir déjà joué, au moins avoir une bonne imagination. S’ils aiment la science-fiction ou le fantastique, il y a de grandes choses pour que ça les intéresse. En général, les enfants sont particulièrement réceptifs à l’aspect « histoire » de la partie que vous allez jouer. Au fond, c’est un peu ça que vous allez faire : raconter une histoire.

The Fumble Zone

Extrait du merveilleux site http://www.fumblezone.net/

Peu importe si, au départ, vos joueurs « se servent de leur(s) personnage(s) pour jouer » au lieu de « jouer leur(s) personnage(s) ». Ils apprendront petit à petit à passer de l’un à l’autre. Le fait de découvrir les règles du jeu leur fera sentir qu’un sorcier ne se comporte pas comme un guerrier, puis qu’il y a guerrier et guerrier. Au fur et à mesure des parties, leurs personnages auront une histoire gravée dans leur mémoire. Plus ils auront de personnages, plus ils chercheront à les différencier les uns les autres. Les différentes espèces, les différents types de personnages possibles, les talents et une myriade de choses les aideront à en faire des êtres uniques. Vous trouverez sur ce site des conseils en trois parties pour rendre vos personnages uniques : partie 1, partie 2 et partie 3.

L’imagination est le moteur véritable du jeu. Les règles, les scénarios prêts à jouer, les fiches de personnages, sont là seulement pour vous servir de supports. Avec l’expérience, il vous faudra très peu de choses pour démarrer une partie de T&T. Certains MJ sont capables de lancer une partie sans rien avoir écrit au préalable. On peut improviser des merveilles avec quelques idées, un papier et un stylo. Lors de votre première partie, il y a fort à parier que, de vous-même ou poussé par vos joueurs, vous allez improviser certains événements qui n’étaient pas écrits dans le scénario. Vous verrez que ce n’est pas si compliqué. Nous reviendrons plus tard sur les questions d’organisation de votre partie.

La priorité est de parvenir à les plonger dans votre histoire. Une fois qu’ils seront dans le bain, leur imagination leur permettra de « nager », c’est-à-dire de faire avancer l’aventure, de contribuer à cette histoire, de sorte qu’elle devienne une histoire racontée à plusieurs, et non seulement par vous, le MJ. Ainsi, votre histoire deviendra leur histoire.

Réunissez donc autour de vous des personnes qui, comme vous, sont prêtes à s’évader, avec votre aide, dans un monde imaginaire. Ecartez les grincheux et les personnes trop rationnelles qui ont décidé d’avance que votre jeu serait nul. Il faut avoir envie de jouer (ce n’est pas une partie d’échecs) et de faire semblant de croire à des choses qui n’existent pas. Aucun joueur ne doit être spectateur. Les ricanements narquois d’un sceptique désapprouvant vos « enfantillages » vous gâcheraient tout plaisir et ruineraient votre partie.

Chacun doit se sentir en confiance et autorisé à laisser s’envoler son imagination. S’il y a des joueuses dans votre groupe, évitez quand même de donner à la partie un tour sexiste qui les exaspérerait. S‘il y a de jeunes joueurs autour de la table, adaptez-vous : une histoire pour enfants n’étant pas une histoire pour adultes, efforcez-vous de rester dans les limites, disons, d’une histoire pour tout public 🙂 Si vous jouez entre amis proches, les choses se mettront en place très naturellement. Bien se connaître et s’apprécier est un excellent point de départ pour une partie réussie. Si vous accueillez un nouveau dans votre groupe de jeu, prenez le temps de faire d’abord connaissance et de sympathiser, bref, de vraiment l’accueillir, et restez ouvert. Ne multipliez pas les blagues et références qui vous amusent vous, mais qui peuvent donner au nouveau le sentiment d’être exclu. Tout cela peut sembler évident, et pourtant il existe de nombreux témoignages qui montrent que tout le monde ne comprend pas d’emblée ces quelques règles de savoir-vivre élémentaire.

Si vous jouez avec des inconnus ou de vagues connaissances, mieux vaut être déjà un MJ expérimenté, car c’est indéniablement plus difficile. Le mieux est alors d’être joueur dans la partie, et non MJ, ce qui implique que les autres sachent déjà jouer… Si possible, pour vos premières expériences de MJ, mieux vaut jouer avec des proches. Si vous vous joignez à un club de JDR ou à un groupe déjà établi, mieux vaut d’abord venir en tant que joueur, jouer à leurs JDR, apprendre à les connaître, puis, si vous sympathisez, leur proposer une partie de T&T. De votre côté, vous connaîtrez leur style de jeu et ce qu’ils apprécient et, de leur côté, ils seront plus ouverts et bienveillants.

Guérison et récupération dans Tunnels & Trolls

Sur le champ de bataille

(c) Frank Franzetta

En général, au cours d’une aventure, un personnage peut perdre sa force (en s’épuisant à combattre comme un forcené – voir section 2.6 des règles), son fluide (en jetant des sorts) et sa constitution (en se faisant blesser).

Dans les deux premiers cas, rien de grave, puisque la FOR et le FLU se récupèrent à raison d’1 point par tour complet de repos (toutes les 10 minutes).

Pour la constitution, c’est une autre paire de manches, puisque les points perdus ne se récupèrent en principe qu’une fois l’aventure terminée ! On suppose qu’une fois l’aventure terminée, le personnage se repose et se fait guérir, mais en cours d’aventure, c’est une autre histoire. Les « monstres » (avec un CM), eux, récupèrent normalement pas moins de 5 points de CM perdus par tour de repos. Il s’agit d’une convention. On imagine que les monstres ont eux aussi certains moyens de guérison et de régénération. En revanche, même Conan le barbare pourrait mourir à petit feu à force de multiplier les combats, y compris contre des adversaires inférieurs. En effet, les dommages inévitables subis au cours des combats, ces petites estafilades et autres chevilles foulées que même les plus grands ne sauraient éviter, réduisent petit à petit la constitution, quelles que soient les protections portées. Et ne parlons pas des personnages à faible constitution, tels que les fées et les lutins… D’ailleurs, nous ne saurions trop recommander la lecture de ces quelques conseils de combat pour les fées et ces conseils pour jouer un lutin.

Que faire ? Il existe traditionnellement 3 moyens de faire face :

  1. utiliser le sort Guérison (sort de 2e niveau, tout de même) ;
  2. utiliser une potion de guérison (chère !) ou
  3. utiliser une trousse de secours (10 po seulement) ou une trousse médicale (dix fois plus chère, mais beaucoup plus efficace).

Mais il y a plus : certaines espèces se régénèrent naturellement. Ainsi, comme indiqué dans Les cavernes de Lan-Faer, un troll des cavernes blessé ou amputé se régénère avec le temps. Pourquoi ne pas lui donner le même avantage que les monstres à CM et lui permettre de récupérer naturellement 5 points de CONS par tour complet de repos (10 mn) ?

D’autres espèces sont douées de ce même pouvoir de régénération, comme certains dragons, les loups-garous et les vampires.

Vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire 🙂

URGENT – Vos meilleures anecdotes de pièges

Nous avons déjà parlé du futur livre des pièges, Grimtooth 3.0, qui fera l’objet d’une prochaine souscription et comportera en prime les indications nécessaires pour être utilisable entre autres dans vos parties de Tunnels & Trolls.

Le producteur, maître Sinh, sur Narrativiste.eu, lance à toutes et à tous un appel : envoyez vos meilleures anecdotes de pièges et les meilleures seront publiées dans le livre des pièges de Grimtooth.

Vous pouvez soit poster vos anecdotes ici en commentaire ou nous contacter (nous transmettrons alors au producteur), soit encore les poster sur le site Narrativiste.eu.

Envoyez-nous vos expériences les plus hilarantes ou les plus marquantes de piège dans une aventure de JDR (pas forcément T&T), en tant que MJ ou en tant que joueuse/joueur. Vos anecdotes, pourvu qu’elles soient sources d’inspiration et relativement courtes, seront plus que les bienvenues. Le délai étant bref (fin juin), faites vite… et transmettez l’annonce largement !

D’avance, merci ! 🙂

Les pièges de Grimtooth

Tout d’abord, quels sont les ingrédients d’une bonne partie de Tunnels & Trolls (ou de n’importe quel jeu de rôle) ?

  1. de l’imagination, beaucoup d’imagination (de la part du MJ comme des joueurs),
  2. un certain talent de conteur (MJ) et de l’enthousiasme (MJ et joueurs),
  3. un cadre à l’histoire (avec au moins une carte des lieux si possible),
  4. des idées de scénario pour donner un but aux joueurs (peut être plus ou moins complexe).

Voilà pour le socle, ou la pâte à pizza, si vous préférez :-). Vient ensuite la garniture :

  1. des personnages joués par le MJ (les PNJ) hauts en couleur,
  2. des monstres et autres créatures extraordinaires ou loufoques,
  3. des trésors et autres récompenses et enfin, pour la touche de tabasco,
  4. des pièges.

Pour les monstres, vous en avez déjà un échantillon (les monstres des cavernes) dans le livre des règles. Nous vous avons également proposé quelques conseils de création de monstres sur ce site.

Pour les trésors, on trouve un tableau des trésors à la fin de Château Bison, une petite liste d’objets magiques dans Le Dépouillement Dernier, et un générateur de trésors très complet (10 pages) dans Les cavernes de Lan-Faer.

Pour les PNJ, nous vous en avons donné maints exemples : Lyia la sorcière des mers, Ephâmba la dompteuse, et même un groupe prêt à l’emploi.

un piège de Grimtooth

Illustration inédite de Stéphane Sabourin

Mais pour les pièges, alors là, il faut beaucoup plus de place. Tant de place, en fait, que ça prendrait tout un livre. C’est ce qu’a d’ailleurs pensé également notre ami maître Sinh, qui a décidé d’en faire l’un de ses prochains projets. Un projet qui sera peut-être également réalisé aussi grâce à vous, chers lecteurs, puisque ce livre des pièges de Grimtooth sera financé par une souscription sur Ulule. Ce sera en même temps, de fait, le premier supplément pour Tunnels & Trolls 8 si on met de côté les aventures pour groupe et les solos.

Pour en savoir plus sur Grimtooth 3.0 et participer aux discussions sur ce projet, rendez-vous sur le site Narrativiste.eu sur lequel vous trouverez un échantillon de quelques pages en téléchargement gratuit, pour vous mettre l’eau à la bouche. De plus, comme toujours, vos commentaires et questions sont les bienvenus sur notre site T&T8 ou notre page officielle Facebook.