Posts from the ‘Discussion sur les règles et suggestions’ Category

Donner un coup de pouce à des personnages débutants

Suite de l’article pour jouer une aventure prévue pour des personnages de niveau avancé avec des personnages débutants ou de faible niveau

Un autre moyen d’aider des personnages débutants à s’en sortir dans une aventure pour laquelle ils ne sont normalement pas taillés est de leur donner un équipement (pas nécessairement magique) qui leur donnera un avantage décisif. Cet équipement peut leur avoir été prêté par un donneur d’ordres ou avoir été trouvé au début de l’aventure, acheté à vil prix, ou avoir été apporté par un personnage prêt à l’emploi remis à l’un des joueurs en plus du ou des siens.

Voici quelques suggestions :

  • offrez un kriss à l’un des guerriers du groupe – Certes, il s’agit d’une arme relativement peu efficace, mais qui a une propriété très intéressante : elle annihile toute magie de niveau 1 à 3 dans un rayon de 5 m autour de son porteur. Utilisé intelligemment, particulièrement lorsque les jeteurs de sorts du groupe ont épuisé leur fluide, le kriss peut protéger le groupe contre des attaques magiques ;
  • offrez-leur une arquebuse – Cette arme extrêmement coûteuse est manipulable par un guerrier débutant et cause des dégâts considérables. Un tir à moins de 10 m, voire à bout portant, peut faucher un adversaire puissant avant qu’il n’ait eut le temps de frapper. De plus, le total de l’arme a alors un « effet de choc » sur le groupe adverse (voir page 84 des règles). Pour limiter le cadeau, vous pouvez décréter que l’arquebuse est défectueuse et qu’elle devient inutilisable au bout de 2D6 tirs;
  • pensez aussi aux poisons (chapitre 1.6.5 des règles) et souvenez-vous qu’il suffit d’un seul point de dommage inévitable infligé à un adversaire pour que le poison prenne effet !
Tarndag, par Sébastien Dardenne

Tarndag, par Sébastien Dardenne

Enfin, pensez à utiliser un personnage joker. C’est ce qu’a fait Ken St. Andre par exemple avec le capitaine Tarndag dans le Nain Ivre. Cette carte ne doit être utilisée que pour secourir des débutants encore peu familiarisés avec les règles ou se trouvant clairement en situation d’infériorité par rapport à leurs adversaires. Le personnage joker est un personnage joué en principe par le MJ, mais si vous en avez fait une fiche, vous pouvez aussi la donner aux joueurs pour qu’ils en fassent usage ponctuellement. Cependant, c’est votre personnage à vous, le MJ, et il se peut tout à fait que vous décidiez que le joker n’intervienne pas en faveur des personnages des joueurs. Votre joker peut prendre la fuite ou être tout simplement trop occupé à sauver sa propre peau pour voler au secours des aventuriers.

Evidemment, tous ces conseils s’appliquent aussi dans le cas où les personnages des joueurs sont trop forts pour le scénario que vous aviez prévu. En ce cas, le personnage joker jouera contre eux, l’équipement spécial sera donné à leurs adversaires (ou vous pourrez alléger le groupe de quelques objets utiles au moyen de pièges de Grimtooth choisis), et le nombre, le CM et les attributs de leurs adversaires seront revus à la hausse 🙂

Jouer une aventure pour personnages avancés avec des personnages débutants

Est-il possible de jouer une aventure prévue pour des personnages de niveau avancé avec des personnages débutants ou de faible niveau ?

(c) 2013 Jez Gordon

(c) 2013 Jez Gordon

Absolument ! D’une part, le MJ peut (et même doit) toujours adapter le niveau de l’aventure en fonction du groupe de personnages amené par les joueurs. Même imprimée et officielle, une aventure pour Tunnels & Trolls n’est pas un texte sacré 🙂

Adapter la difficulté d’une aventure (CM et caractéristiques des adversaires, niveau des MEP et dangerosité des pièges, entre autres, d’une part, mais aussi valeur des trésors, objets magiques et autres récompenses, d’autre part, pour garder l’équilibre) est en effet ce qui permettra aux joueurs de s’amuser le mieux.

Mais il existe également un autre « truc » pour aider le MJ dans cette tâche. Prendre plus de personnages que normalement prévu. Par exemple, Les jungles-araignées de Boomshartak est une aventure (à paraître sous peu) conçue pour un groupe de 4 ou 5 personnages de niveau 2 ou 3 ayant chacun un bonus de combat d’environ 30 points. Si vos joueurs n’ont que des personnages de faible niveau dans leur escarcelle, demandez-leur d’en jouer chacun au moins 2. Si vous avez 4 joueurs, chacun jouera ainsi 2 personnages. Cela devrait aider. Cette pratique consistant à jouer plusieurs personnages n’est ni nouvelle ni spécifique à Tunnels & Trolls. Steve Perrin en témoigne pour les joueurs de Donjons et Dragons de la côte ouest.

Pensez aussi à compléter les personnages disponibles dans les « écuries » de vos joueuses et joueurs par des personnages « pré-tirés », prêts à l’emploi. Certains sont de niveau 2 ou 3. Pour Boomshartak, vous pouvez également créer une paire de trolls de la jungle. C’est rapide et facile, leur équipement est déjà prévu dans l’aventure, et des personnages aussi puissants commencent généralement leur carrière au niveau 3 dans Tunnels & Trolls (un troll a souvent une FOR d’au moins 30, ce qui est fait un guerrier de niveau 3).

La force mentale dans Tunnels & Trolls

Tunnels & Trolls 8 introduit entre autres le fluide (ou « kremm ») comme nouvel attribut. Le fluide est un réservoir d’énergie servant à jeter des sorts, mais pas seulement. Le fluide permet aussi à des guerriers purs et durs, par exemple, de résister (plus ou moins) à la magie. Si le fluide du jeteur de sort est inférieur à celui de sa victime, le sort fait « pchit » 🙂

Allons plus loin. Le fluide figure la force psychique ou mentale d’un personnage. C’est dans cette force que puisent les jeteurs de sorts pour lancer leurs sortilèges. C’est cette force qui permet à tout un chacun de résister aux tentatives d’ensorcellement. Mais il y a plus. C’est cette même force qui permet à un personnage de résister à tout ce qui est susceptible d’altérer sa bonne santé mentale.

Attaque fantômeUn choc psychologique ou une attaque psychique (d’un fantôme, par exemple) peuvent altérer la santé mentale, et donc le fluide. Exemple simple : Pellios (un guerrier de N2 ayant un FLU de 15) ouvre un coffre et y trouve la tête encore sanglante du compagnon d’armes qu’il vient de quitter il y a dix minutes à peine. Son fluide (en tant que force mentale) est mis à rude épreuve. Le MJ demande au joueur de Pellios une MEP du FLU au N2. Il amène 5 et 2 pour un total de 22 alors que le nombre-cible était de 25. L’épreuve est donc ratée de 3 points, plus qu’il n’en faut pour faire jouer la règle du rattrapage de justesse. Ces 3 points seront déduits du FLU de Pellios jusqu’à ce que celui-ci se remette de ce choc.

Une fois le fluide réduit à 0 (que ce soit à la suite d’un sort ou autre), le personnage ne meurt pas, mais ses facultés intellectuelles sont affectées. Dans notre exemple, le FLU de Pellios est réduit à 12, mais si ce genre de péripéties se multiplie, le FLU de Pellios pourrait passer à 0, voire moins. En ce cas, c’est son INT qui prend. Pellios perdra ses moyens jusqu’à devenir complètement idiot ou fou (INT de 0). De même, vous pouvez décider qu’un sorcier de 1er niveau par exemple, qui ne dispose plus que de 5 points de FLU et ne possédant aucun bâton magique ou autre peut jeter un Prends-ça! au N1, mais que le point de FLU qu’il lui manque pour jeter ce sort est déduit de son INT. Oui, jeter trop de sorts peut rendre fou !

Le fluide se récupère avec le temps et le repos (1 point toutes les 10 minutes de repos), mais pour l’intelligence, la récupération est plus lente (1 point par jour de repos). Il ne vous reste plus alors qu’à ouvrir des asiles d’aliénés dans votre monde, où les personnages pourront venir souffler un peu. Attention : si l’INT tombe à un niveau inférieur à 0, un point de non-retour a été atteint et seule la magie peut venir au secours de l’infortuné aventurier devenu définitivement fou !

Les talents

Aujourd’hui, nous revenons sur la question des talents, dont nous avions déjà un peu parlé dans nos conseils pour rendre vos personnages uniques.

Comme vous le savez, un talent peut être large/général (talent de survie) ou étroit/spécialisé (talent de reconnaissance des champignons comestibles) 🙂

Chaque talent est basé sur un attribut, par rapport auquel il constitue un bonus. C’est donc une aide pour mieux réussir certaines épreuves.

Les règles de Tunnels & Trolls ne contiennent cependant aucune liste de talents. Ce n’est pas dans l’esprit du jeu, qui fait appel à la créativité des joueurs et veut rester adaptable. Néanmoins, nous vous en proposons quelques-unes ci-dessous, qui vous aideront peut-être dans le choix de vos talents.

Nous ne résistons pas au plaisir de vous montrer les listes de Clefsha, qu’il utilise dans sa campagne de jeu :

Talent de monte-en-l'air

Ce talent de monte-en-l’air peut servir à bien des choses – Les deux illustrations (c) 2013 Jez Gordon

Connaissances

Vie
d’aventurier

Sens
en alerte

1. Architecture et ingénierie 1. Bluff / Intimidation 1. Acrobaties (équilibre, roulé boulé)*
2. Faune et flore 2. Diplomatie 2. Crocheter / Désamorcer (serrures, pièges)
3. Histoire, mythe et folklore 3. Dressage 3. Déguisement / changer d’apparence
4. Nature et géographie 4. Équitation 4. Discrétion
5. Noblesse et royauté 5. Estimation 5. Escalade
6. Objets magiques 6. Marchander 6. Évasion
7. Potions, poisons et mixtures 7. Natation 7. Perceptions (Auditives, olfactives, visuelles)
8. Religions & plans 8. Pister 8. Sprinter
9. Utilisation arme de siège 9. Vol (aptitude au)

Talent de marchandage
Pour notre part, nous vous proposerions plutôt quelques exemples en fonction de l’attribut servant de base au talent :

  1. FORCE : Casse (de briques, chaînes et autres) –
  2. DEXTÉRITÉ : Art de l’évasion (cordes, chaînes, menottes, cellule, etc.) – Acrobatie – Manipulation de cartes –
  3. VITESSE : Feinte – Esquive – Course – Attraper une flèche en plein vol
  4. INTELLIGENCE : Histoire – Herboristerie – Mécanique
  5. CHARISME : Marchandage – Baratin – Poésie – Comédie – Effrayer/impressionner – Dressage
  6. CONSTITUTION : Résistance : à la faim, au froid, à la chaleur, à l’alcool, etc.

Vous aurez peut-être remarqué que la chance et le fluide ne sont pas mentionnés. On peut avoir la chance de tomber sur une gemme dissimulée sous un tas d’ossements, de trouver le mécanisme d’un piège ou de gagner à un jeu de hasard, mais peut-on avoir un talent de « trouvaille » ou de « chance au jeu », qui s’entraînerait et se cultiverait ? Dans T&T, la chance peut être augmentée grâce à l’expérience, donc, pourquoi ne pas concevoir des talents basés sur la chance ? A vous de voir. De toute manière, n’importe quel talent peut être basé sur la chance, puisque, comme nous l’avons dit récemment, la chance permet de pallier n’importe quelle déficience (faiblesse, maladresse, bêtise, etc.). Quant au fluide, il sert uniquement à lancer des sorts et agit comme une sorte de réservoir d’énergie occulte et rien d’autre.

Le facteur chance dans Tunnels & Trolls

La chance, dans Tunnels & Trolls, frappe toujours deux fois à la porte. La première fois avec le joueur : joli coup de dés, doublet, triplet, par exemple. Mais surtout, elle frappe encore avec le personnage, comme nous allons le voir.

WargFlancheflan le farfadet venait de sortir d’une charmante petite auberge de l’Orée, une dernière saucisse à la bouche, pour la route, lorsqu’il aperçoit au loin deux wargs se diriger vers lui. Flancheflan accélère le pas, et aussitôt, les wargs le prennent en chasse. Ils sont sur le point de le rattraper et de le tailler en pièces. Heureusement pour lui, Flancheflan arrive devant un grand pin sur lequel il aurait encore le temps de grimper. Hélas, Flancheflan est un farfadet gourmand et obèse. Pour grimper à un tel arbre, il lui faudrait force et dextérité, et non mollesse et maladresse (MEP de la FOR et de la DEX au N2). Ou alors, il faudrait un talent pour grimper aux arbres (basé sur la DEX), qui pourrait compenser le manque de force musculaire de Flancheflan et booster sa dextérité (MEP de N1 sur un talent de grimpeur). Là encore, pas de bol, Flancheflan a d’autres talents (vol à la tire, par exemple), mais n’est pas grimpeur pour un sou.

Flancheflan finira-t-il dans le ventre des molosses, piètre fin pour un aventurier ? Que nenni ! Car Flancheflan a un dernier tour dans son sac : une chance de 28. Le MJ lui demande une MEP au N3 pour se sortir de l’impasse. Le joueur amène 2 et 3 : la chance a frappé ! Que se passe-t-il ? Flancheflan aperçoit une grosse branche dans le tronc, à quelques mètres au-dessus du sol. Pouf, Flancheflan se téléporte sur la branche, hors de portée des chiens. Et le tour est joué !

Dans presque n’importe quelle situation, la chance peut être éprouvée à la place d’un autre attribut ou d’un talent. Généralement, on ajoute alors un niveau à l’épreuve. Les applications sont presque illimitées, car un coup de chance peut pallier n’importe quelle déficience. Votre personnage est terne (faible CHR) et ne plaît pas au bourgmestre à qui il est venu demander une faveur ? Peut-être, mais ne serait-il pas par hasard le cousin de la femme du bourgmestre ? Tout s’arrange ! Votre personnage ne parvient pas à trouver la solution à l’énigme du sphynx et répond n’importe quoi au hasard ? Si la chance est avec lui, la réponse peut être bonne (ou alors, par chance, il aperçoit un indice décisif). Bref, quand plus rien ne marche, vous pouvez toujours compter sur la chance 🙂