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Les influences littéraires de Tunnels & Trolls (partie III)

Ken St. Andre, l’inventeur et toujours actif auteur de Tunnels & Trolls, a toujours assidument fréquenté les écrivains de science-fiction et de littérature fantastique. Lorsque Sorcerer’s Apprentice, le fanzine édité par Flying Buffalo Inc. pour Tunnels & Trolls, a été créé, c’est Ken St. Andre qui en était le rédacteur-en-chef (avant de passer le flambeau à Liz Danforth). À ce titre, et dès le numéro 2 du magazine, en 1979, il annonçait :

Bien que Sorcerer’s Apprentice soit avant tout un magazine de jeu, son objectif est plus large. Il fera toujours une part à la littérature, en publiant si possible les meilleurs auteurs. Dans les prochains numéros, attendez-vous à voir des nouvelles de Roger Zelazny et de Tanith Lee (les manuscrits sont déjà prêts et acceptés). Je compte rester en relation avec d’autres auteurs célèbres, comme Fritz Leiber, Andre Norton, Karl Edward Wagner, Andy Offutt, Marion Zimmer Bradley, etc. Bref, presque tous les fers-de-lance contemporains de la littérature fantastique. Et si d’aventure je ne parvenais pas à publier des professionnels reconnus, croyez bien que je trouverai des auteurs au talent avéré et déjà semi-professionnels, comme Charles Saunders, Bob Vardeman, Darrell Schweitzer, Charles de Lint, James Coplin, etc. Ces gens-là sont les grandes vedettes de demain, et nous sommes fiers de les publier aujourd’hui.

bloodofambroseQuoi de plus normal ? Ken St. Andre est lui-même écrivain à ses heures perdues et a longtemps été membre de la SFWA (Science Fiction & Fantasy Writers of America). Il est l’auteur de plusieurs nouvelles (dont on peut voir une petite liste ici) et de trois romans dont l’action se situe sur la Terre des Trolls : Dragon Child, Griffin Feathers, et surtout Rose of Stormgaard (ce dernier est disponible sur Amazon). Ken St. Andre parle d’ailleurs régulièrement de littérature fantastique sur son site personnel (voir ici pour un article sur James Enge).

Michael Stackpole, auteur de plusieurs solos pour Tunnels & Trolls (notamment City of Terrors et Sewers of Oblivion) et qui a longtemps travaillé pour Flying Buffalo (à des projets comme les Citybooks, par exemple), est un auteur reconnu et prolifique, célèbre notamment pour ses romans situés dans l’univers de Star Wars ou de BattleTech.

Steve Crompton, lui aussi collaborateur de longue date de Flying Buffalo et membre de l’équipe de production de Tunnels & Trolls, a co-écrit, sous le pseudonyme de M. Scott Verne, les deux romans, le recueil de nouvelles et la campagne pour JDR City of the Gods.

Les influences littéraires de Tunnels & Trolls (partie II)

« Personne n’a jamais pris la peine de réfléchir à un monde cohérent pour T & T . C’était plutôt un joyeux méli-mélo de Conan/Souricier Gris/Elric/Frodon/Roi Arthur. Cependant, aujourd’hui encore, je pense que la Terre des Trolls est plus proche de la Terre du Milieu que de tout autre monde fantastique que j’admire. »

Ken St Andre, juillet 2013

Conan le barbare, par Frank Frazetta

Conan le barbare, par Frank Frazetta

 

 

A l’époque de sa création, en 1975, il n’y avait d’ailleurs rien de plus naturel que de voir des hobbits et des orques dans les jeux de rôle. Après tout, c’est bien l’œuvre de Tolkien qui fut la source d’inspiration de Ken St. Andre et de tant d’autres pour créer leur jeu de rôle et leur univers. Bien sûr, il en eut d’autres, mais ce n’est peut-être pas un hasard si aucun film de cinéma digne de ce nom inspiré de l’œuvre de Michael Moorcock (le créateur d’Elric) et de Fritz Leiber (celui du personnage de Fahfrd et du Souricier Gris) n’a jamais vu le jour.

Dans une interview de 1986, Ken St. Andre a même décrit le monde de Tunnels & Trolls comme : « Le Seigneur des Anneaux tel qu’il aurait été fait par Marvel Comics en 1974 en y ajoutant Conan, Elric, le Souricier Gris et toute une bande de vilains ». Plus tard, dans une interview de 2012, il a précisé sa pensée :

Tunnels et Trolls s’est fait parce que j’étais un immense fan de littérature du style « épée et sorcellerie ». Robert E. Howard était de loin mon auteur favori, suivi de près par Edgar Rice Burroughs, J.R.R. Tolkien, Fritz Leiber, et Michael Moorcock. Je voulais devenir écrivain. Je voulais moi aussi écrire par-dessus tout ce genre de récits épiques-fantastiques. Et puis, à côté de ça, il y avait ce nouveau type de jeu complètement axé sur ce genre de littérature. Conan, Tarzan, Aragorn, le Souricier Gris, Elric sont tous des héros. Ils mènent des combats impossibles et en sortent vainqueurs. Pour eux, leurs luttes n’a rien d’une guerre ; il ne s’agit pas de vaincre l’ennemi en le supplantant en nombre et en puissance. Leur combat, c’est plutôt « moi tout seul contre une horde d’ennemis ». Il s’agit de réussir l’impossible et de triompher contre vents et marées. Je me suis identifié à ces héros parce que, d’une certaine façon, je me suis toujours vu comme menant des luttes désespérées.  Je voulais écrire T&T dans cette veine et en faire un jeu de héros. Et c’est ainsi que je n’ai jamais vraiment fait beaucoup d’efforts pour équilibrer les forces en présence. Pour moi, dans un jeu de rôle fantastique, le joueur a toujours toutes les chances contre lui. À lui de se débrouiller ! De triompher malgré tout ! C’est ce qui rend les parties de T&T inoubliables et drôlatiques.

Le côté « seul contre une horde d’ennemis » ne peut pas ne pas faire penser aux westerns-spaghetti (et en particulier à Mon nom est personne). Et c’est vrai que T&T a ce côté un peu fou dans le genre épique.

Jack Beauregard face à la horde sauvage

Jack Beauregard face à la horde sauvage

Les influences littéraires de Tunnels & Trolls (partie I)

Conan the Usurper, Franck Frazetta

Conan the Usurper, Franck Frazetta

Comme tous les jeux de rôle, Tunnels & Trolls doit beaucoup à la littérature fantastique, même si son auteur, Ken St. Andre, a toujours souligné l’influence décisive des romans de chevalerie et des BD de super-héros sur sa conception de T&T.
Dans la 5e version des règles, Ken St. Andre cite nommément Le seigneur des anneaux, de J.R.R. Tolkien, Conan le barbare, de Robert E. Howard, mais aussi Cugel l’astucieux, de Jack Vance, et Le cycle des épées, de Fritz Leiber.

Commençons par Conan le barbare, archétype du guerrier de T&T. Beaucoup confondent ce personnage littéraire avec celui joué à l’écran par Arnold Schwarzenegger ou Jason Momoa. Il ne s’agit pas tout à fait de l’univers de Robert E. Howard, riche, sombre, et très influencé par celui de H. P. Lovecraft. Un exemple extrait de la nouvelle de Howard intitulée The Scarlet Citadel, dans une traduction proposée par P. Geille.

La crypte aurait dû être plongée dans le silence ; elle ne l’était pas. Montant des entrailles de la terre, les rumeurs d’un monde halluciné se réverbéraient partout sur les parois des tunnels. Il y avait des gloussements, des hurlements perçants de joie démoniaque, de longs hululements à donner la chair de poule, et même, une fois, à ne pas s’y tromper, le ricanement narquois d’une hyène s’achevant par des paroles humaines de blasphème hystérique. Conan entendit le pas feutré de pieds furtifs et aperçut du coin de l’œil des formes vagues aux contours monstrueux défiant les lois de la nature se dessiner dans la bouche des tunnels…

Tunnels, vous avez dit tunnels ? Dans T&T, ce sont de ces tunnels-là qu’il est question 🙂

Guérison et récupération dans Tunnels & Trolls

Sur le champ de bataille

(c) Frank Franzetta

En général, au cours d’une aventure, un personnage peut perdre sa force (en s’épuisant à combattre comme un forcené – voir section 2.6 des règles), son fluide (en jetant des sorts) et sa constitution (en se faisant blesser).

Dans les deux premiers cas, rien de grave, puisque la FOR et le FLU se récupèrent à raison d’1 point par tour complet de repos (toutes les 10 minutes).

Pour la constitution, c’est une autre paire de manches, puisque les points perdus ne se récupèrent en principe qu’une fois l’aventure terminée ! On suppose qu’une fois l’aventure terminée, le personnage se repose et se fait guérir, mais en cours d’aventure, c’est une autre histoire. Les « monstres » (avec un CM), eux, récupèrent normalement pas moins de 5 points de CM perdus par tour de repos. Il s’agit d’une convention. On imagine que les monstres ont eux aussi certains moyens de guérison et de régénération. En revanche, même Conan le barbare pourrait mourir à petit feu à force de multiplier les combats, y compris contre des adversaires inférieurs. En effet, les dommages inévitables subis au cours des combats, ces petites estafilades et autres chevilles foulées que même les plus grands ne sauraient éviter, réduisent petit à petit la constitution, quelles que soient les protections portées. Et ne parlons pas des personnages à faible constitution, tels que les fées et les lutins… D’ailleurs, nous ne saurions trop recommander la lecture de ces quelques conseils de combat pour les fées et ces conseils pour jouer un lutin.

Que faire ? Il existe traditionnellement 3 moyens de faire face :

  1. utiliser le sort Guérison (sort de 2e niveau, tout de même) ;
  2. utiliser une potion de guérison (chère !) ou
  3. utiliser une trousse de secours (10 po seulement) ou une trousse médicale (dix fois plus chère, mais beaucoup plus efficace).

Mais il y a plus : certaines espèces se régénèrent naturellement. Ainsi, comme indiqué dans Les cavernes de Lan-Faer, un troll des cavernes blessé ou amputé se régénère avec le temps. Pourquoi ne pas lui donner le même avantage que les monstres à CM et lui permettre de récupérer naturellement 5 points de CONS par tour complet de repos (10 mn) ?

D’autres espèces sont douées de ce même pouvoir de régénération, comme certains dragons, les loups-garous et les vampires.

Vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire 🙂

La magie orque

Orques du désertLa Guilde des Sorciers voudrait faire croire qu’il n’existe point de magie hors de ses murs et de ses enseignements. Il n’y a rien de plus faux. Sur la Terre des Trolls, la magie est partout, qu’elle soit transmise de bouche à oreille, sous le manteau ou sur un parchemin, et rien ne la limite. C’est ainsi que nous avons le plaisir de vous présenter aujourd’hui un sort orque inventé par Ken St. André.

Les tribus d’orques nomades du Désert de Bronze, au sud du Khosht, ont mis au point un sortilège qui doit beaucoup au manque de bois sur leurs terres de chasse. Le sort qui suit tire également son origine de l’ancienne coutume consistant pour les orques à jeter des pierres. La légende raconte que c’est Arahk Gnakh (une sorte de dieu pour les orques, en réalité Khara Khang métamorphosé en orque pour apprendre leur culture et la faire évoluer) qui eut le premier l’idée de créer ce sort et qui l’apprit aux shamans pour qu’ils puissent aider les chasseurs de leur tribu. D’après les annales de la Guilde des Sorciers, Khara Khang apporta ce sort à Khazan après son retour.

Bille Tueuse

Pour une dépense de 12 FLU, ce sortilège de 2e niveau lance un petit objet (pesant moins d’une pièce d’or) en ligne droite et à grande vitesse vers une cible située à moins de 30 m de distance. Les dommages subis par la cible sont égaux à la DEX du jeteur de sort. Ce sort peut être utilisé contre un ennemi dont le FLU est supérieur à celui du jeteur de sort, car le sort est jeté sur la pierre (ou la bille ou tout autre projectile de petite taille), et non sur la cible. Le sort peut être lancé à un niveau supérieur. Chaque niveau d’augmentation double le nombre de projectiles lancés.