Dans le livre des règles (partie 2.3), Ken St. Andre évoque brièvement la création de monstres : trop brièvement !

Tête de dragon, (c) 2011 Liz Danforth

   Les monstres sont les adversaires typiques auxquels sont confrontés les personnages dans Tunnels & Trolls. Ils prennent donc une place importante dans le jeu. Certains sont incontournables : ce sont ceux qui font partie de l’imaginaire des joueurs et que ces derniers s’attendent à trouver face à leurs personnages au cours d’une partie. Il peut s’agir des monstres issus de la littérature fantastique, tels les orques, les gobelins et les balrogues de l’univers de J.R.R. Tolkien ou des monstres des contes et légendes ou de la mythologie : minotaures et sirène, sphinx et gorgones, licornes et griffons, ogres et trolls, etc.

   La littérature fantastique est riche et variée, à vous d’y puiser votre inspiration en tant que M.J., mais toujours en tenant compte de l’âge, des goûts et des références de vos joueurs.

Serpent d’eau, croqué par Sébastien Dardenne

   Un des grands plaisirs de Tunnels & Trolls est la facilité d’inventer de nouveaux monstres. Inspirez-vous du bestiaire du livre des règles pour leur donner une description brève, mais frappante, un petit cadre expliquant leurs mœurs et peut-être une ou deux attaques spéciales. Vous remarquerez que le petit bestiaire du livre des règles concerne exclusivement des créatures des cavernes et des souterrains : des créatures relativement classiques comme les loups-garous ou les lions des cavernes y côtoient les membres de la Légion de Bronze, les hyènoïdes et leurs ennemis les hommes-lézards. Oracles et satyres apportent une touche originale. Pourquoi ne pas inventer un bestiaire des créatures aériennes ou des habitants des forêts ? Sans oublier les monstres des mers ou le peuple des fleuves et des lacs. Peut-être avez-vous déjà croisé les trolls des rivières ou les serpents d’eau du Khosht ? Et puis, rien ne vous oblige à vous cantonner à un univers ou à une époque : des rumeurs persistantes parlent de plusieurs bases spatiales éparpillées sur la terre des trolls et d’îles peuplées de dinosaures et autres créatures fantastiques, sur lesquelles les humanoïdes en sont restés à l’âge de pierre. La seule limite, dans Tunnels & Trolls, sera toujours votre propre imagination.

   Cependant, n’abusez pas non plus des nouveautés : en général, les joueurs apprécient de se retrouver dans un cadre relativement familier avec seulement quelques créations originales, comme le gakk, pourquoi pas ?

Un exemple de monstre original : le gakk

D’après Ken St. Andre, un gakk pourpre géant ressemble à peu près à une araignée à seize pattes croisée avec un lézard et un centaure (aucun artiste n’a jamais osé tenter de les représenter, mais… avis aux amateurs !). La bouche de cette créature est parfaitement circulaire et émet une vapeur pourpre à chaque expiration. Chacune de ses pattes se termine par une griffe acérée comme une dague. Le gakk ne rugit pas lorsqu’il attaque. Il grommelle, mais il grommelle très fort, d’un grommellement terrifiant !

   Les adversaires les plus importants d’une partie sont presque toujours personnalisés : c’est ce que l’on appelle des personnages sans joueur (PSJ). En réalité, ils sont joués/animés par le M.J. Ces monstres personnalisés ne bénéficient pas des dommages spéciaux rendus possibles par les règles de T&T 8, mais ils ont des attributs, des talents et bien sûr un équipement complet. Si ce sont des utilisateurs de magie, ils peuvent aussi jeter des sorts.

   Il existe encore beaucoup d’autres éléments qui contribuent à faire une bonne partie de T & T : des pièges, des énigmes, des facéties en tout genre, des trésors (nous en reparlerons sûrement une autre fois), mais la plupart des meilleurs moments de jeux vous seront probablement procurés par l’interaction avec et entre les joueurs et par ce que vous et eux parviendrez à improviser et à inventer au fur et à mesure de la partie.

   Bon jeu !

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