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Ecrire une aventure pour T&T

C’est l’été, occasion idéale pour initier vos proches et vos amis à Tunnels & Trolls !
Si vous n’avez pas amené avec vous d’aventures pour groupe prêtes à jouer, il ne tient qu’à vous d’en inventer une rapidement. Oui, rapidement ! Pas besoin de cartographier les lieux et de décrire des PSJ pendant des heures pour jouer une petite partie de T&T sur un coin de table. Voici quelques conseils.
Une partie de Tunnels & Trolls

1°) Le cadre

Choisissez le cadre en fonction des goûts de vos joueurs. C’est vrai, Tunnels & Trolls est à la base un jeu de rôle « médiéval-fantastique », mais n’oubliez pas que la Terre des Trolls n’était au départ peuplée que… de trolls ! Les elfes et les dragons y sont venus d’une autre dimension. Il y existe aussi plusieurs bases extraterrestres, dont la principale est celle de l’oiseau-serpent Zweetz, qui prépare une invasion. On y croise des agents spatio-temporels comme dans City of Terrors et des soucoupes volantes comme dans Les jungles-araignées de Boomshartak. Et surtout, la Terre des Trolls est truffée de portails inter-dimensionnels. Bref, dans T&T, tout est permis : histoires d’espionnage contemporaines, intrigues policières dans les années 50, aventures préhistoriques à la manière de J.-H. Rosny Aîné, ou post-apocalyptiques à la Stefan Wul, etc etc.

Si ça peut vous aider, partez d’une carte des lieux pour délimiter l’espace de l’aventure. Aux débuts de T&T, l’espace était « le donjon », ou plutôt « les tunnels », et toute l’aventure s’y déroulait. La ravine aux gobelins, une adaptation à T&T d’un mini-scénario de l’éminent cartographe Dyson, en est un excellent exemple.

2°) Les personnages

Pas de bon scénario sans quelques personnages bien campés. Il y a évidemment ceux des joueurs, mais c’est une autre histoire. Le maître du jeu a les siens : les personnages sans joueur (PSJ). Les « monstres » sont les figurants de votre scénario. Bien sûr, si vos joueurs ont choisi de jouer des orques, des licornes parlantes et autres vampires, les « monstres » peuvent être des fermiers hobbits, une troupe de guerriers nains, ou un groupe de pèlerins humains 🙂 Les PSJ sont les personnages principaux de votre scénario (avec ceux des joueurs). C’est le moment de placer votre caïd, votre femmes fatale, votre petite frappe et votre savant fou. Pour créer une aventure rapidement et facilement, faites simple dans la création de vos PSJ. Exemples : a) Radamanthe, grande prêtresse d’Arochnavaraparta le dragon des mers. Sensuelle et cruelle, Rada est une grande brune au teint très pâle et aux lèvres rouge-noir. Quand elle se déplace, elle ne manque jamais de donner des coups de cape et de robe théâtraux qui claquent bien. b) Jéred, chef de la garde de La Mouette, est un grand gaillard à la longue moustache pendante et à l’élocution traînante, due à la consommation excessive d’un petit vin d’Ajor. Mais attention, il a le vin mauvais et la main leste avec les jolies femmes ! c) Poissard, bras gauche du maître de la guilde des filous de Kasar, a une main droite mécanique, véritable couteau (de grande taille) suisse. Malgré les balafres qui rayent son visage, c’est une belle gueule et un sacré charmeur, le second de ses points faibles après la passion du jeu.

3°) L’histoire

Tout à la fois introduction de votre aventure et fil conducteur du jeu, le scénario doit répondre aux deux questions suivantes : que font les personnages ici ? quel est leur but ? Généralement, les personnages sont liés par la poursuite d’un objectif commun dont la réalisation va leur faire courir toutes sortes de danger. Un scénario peut être très complexe, avec découpage en chapitres ou scènes, et force énigmes à résoudre et pistes à suivre. Mais si vous voulez une partie simple et rapide, optez pour un scénario lié au cadre que vous avez choisi pour l’aventure et qui laisse de la place à l’improvisation, de manière à limiter votre travail de préparation et à vous permettre de mieux coller à ce qu’aiment vos joueurs. Par exemple, s’ils aiment le gothique, envoyez-les dans le château d’un maître-vampire et assurez-vous qu’ils aient un loup-garou dans leur groupe. Le château peut n’être qu’une étape sur leur chemin ou ils peuvent y avoir été envoyés par la famille d’une victime pour y enquêter. En ce cas, aidez-les à se fabriquer une couverture (certains peuvent se faire engager comme domestiques, d’autres peuvent se présenter comme des agents de la conservation du patrimoine ou du trésor public). Un château est un endroit idéal pour y placer des fantômes, des oubliettes, des salles de torture, un laboratoire d’alchimie, des passages secrets, et bien sûr des pièges. Il se peut que le maître des lieux ne soit pas le vampire. Laissez venir l’inspiration.

Si vous voulez d’autres conseils pour démarrer une partie, rendez-vous  à notre rubrique « conseils pour le MJ« .

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L’improvisation

Dans notre série « conseils aux MJ », nous abordons aujourd’hui un sujet classique : quelle place donner à l’improvisation ?

L’improvisation peut être une manière d’interagir avec les joueurs. Comme l’a écrit Galliskinmaufrius le sage dans La Gazette du Donjon n° 3 :

Pour moi, l’improvisation, ça consiste surtout à être capable d’embrayer sur une idée intéressante des joueurs, alors que je n’avais rien prévu à ce sujet dans la préparation du scénario. Afin de pouvoir répondre à cette demande, j’essaie de trouver rapidement une situation semblable vue dans un film, lue dans un livre ou dans un autre scénario, et vogue la galère…
Je prépare beaucoup mon scénario : en moyenne, 3 heures de préparation pour 1 heure de jeu effective autour de la table. Et je ne prévois pas d’improviser à tel ou tel moment. Cependant, en cours de partie, il faut bien s’adapter aux joueurs et à leur imprévisibilité : donc, là, j’improvise…

Le temps de préparation indiqué par ce sage en étonnera peut-être certains. C’est qu’il ne précise pas que, plus une partie est bien préparée, moins le MJ aura normalement besoin d’improviser. Tout simplement parce qu’il aura déjà prévu la plupart des réactions possibles des joueurs…

Surprise !

Surprise !

Par conséquent, si vous voulez démarrer une partie rapidement, il vous suffit d’avoir lu une fois le scénario que vous allez jouer, et en avant ! Mais si vous faites cela, soyez prêt à improviser. Si les joueurs vous prennent de cours et que vous ne vous sentez pas capable de vous embarquer dans l’aventure vers laquelle ils voudraient vous diriger, vous pouvez bien sûr les ramener sur les rails. Après tout, c’est le MJ le patron. Exemple : les joueurs souhaitent amarrer le Nain Ivre autour d’un arbre bordant le Khosht pour explorer les environs, et vous n’avez rien prévu ? Qu’à cela ne tienne : envoyez-leur une horde de sauvages pour les faire remonter à bord et poursuivre les périples que vous aviez prévus 🙂

Evidemment, si vous ne laissez pas les joueurs être co-créateurs de l’aventure, ils risquent de ne pas entrer dans votre jeu et de finir par être frustrés. Laissez-leur donc une certaine marge de manœuvre et sachez rebondir au moins sur certaines de leurs propositions, si elles sont compatibles avec ce que vous aviez préparé. De manière générale, Tunnels & Trolls se prête particulièrement bien à l’improvisation grâce à la simplicité et à la souplesse de ses règles.

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