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Comment créer une aventure pour T&T ?

La méthode des tout débuts de T&T était simple : vous dessinez un plan, vous ajoutez des monstres, des pièges et des trésors, et hop, c’est parti ! :-)
Ceux qui connaissent les "donjons" de la vieille école voient bien de quoi il s’agit. Pour les autres, imaginez un jeu de rôle pour PC dans lequel votre ou vos personnages déambulent à travers une carte (dans un "donjon" ou tout autre bâtiment, voire à l’air libre) et croisent des monstres qu’ils combattent afin de récupérer un trésor (armes, potions magiques, pièces d’or, etc.). C’est un peu ça. Marrant, mais quand même un peu limité.

Dès les années 80, en gros, les "donjons" sont devenus des "aventures" ou "scénarios" et se sont complexifiés. L’histoire est devenue importante (Casus Belli proposait des "idées de scénarios") et l’enchaînement des rencontres devait désormais obéir à une certaine logique, en fonction de l’intrigue principale et de variantes scénaristiques.

Prenons la campagne Thieves’ World, par exemple (adaptable à de nombreux JDR dont Tunnels & Trolls, nous en avons déjà parlé). Cette campagne (cadre de jeu pouvant servir à plusieurs parties) comprenait :

  • des cartes ;
  • le guide des joueurs, permettant aux joueurs d’avoir une idée au moins vague du monde dans lequel allaient évoluer leurs personnages ;
  • le guide du MJ, comportant des informations privilégiée (normal, héhé) et
  • les personnalités de Sanctuaire (c’est le nom de l’univers créé par Robert L. Asprin, qui a inspiré toute la campagne).

Dans Thieves’ World, il n’y a pas directement d’idées de scénarios. Ces idées sont disséminées un peu partout. C’est le propre des campagnes ouvertes (en "bac à sable") : elles offrent un cadre dans lequel le MJ et les joueurs sont libres d’évoluer comme il leur plaît.

À l’échelle (plus modeste) d’une aventure à jouer en une ou plusieurs parties, on retrouve les mêmes ingrédients : au moins une carte, un cadre connu des joueurs, des informations connues du seul MJ, des idées de scénarios, et quelques PNJ… sans oublier les monstres, les pièges et les trésors qui peuvent apparaître au cours de l’aventure. Les idées de scénarios peuvent découler des personnalités et/ou des légendes.

Piège

Certaines aventures, au lieu de donner des idées de scénarios, suivent une progression scénaristique et parfois géographique fixée à l’avance. Prenons au hasard La vallée des maléfices, de V. de Georges, scénario pour jeux de rôle médiévaux fantastiques paru chez la Nouvelle Edition Fantastique (N.E.F.). Les cartes sont au revers de la couverture (amovible, peut servir d’écran au MJ). On y trouve la géographie du comté de Skara (2 pages), des personnages non joueurs (2 p, je ne résiste pas au plaisir de vous les nommer : Aphtodh, prince démon badin ; Iltud le druide ; Koneg l’invocateur ; le Dragon Iasha ; Jörgund et enfin Gottwin), des légendes (2 p), une introduction (2 p), la première partie de l’aventure (la recherche des clés, sur 12 p en comptant les cartes et les illustrations, avec quelques sous-parties : le temple et sa crypte, les cavernes, l’antre du dragon, perdus dans la forêt), la deuxième partie (4 p – le temple des éléments) et la troisième partie (sous-sol et final, sur 5 p). Le livre se termine par les caractéristiques des monstres et des tableaux de conversion à différents JDR. Un coup d’œil à l’intérieur montre aussi la présence de quelques pièges (pas aussi complexes que ceux de Grimtooth, mais quand même).

Les jungles-araignées de Boomshartak

Combat sur la ziggouratPour cet été, nous vous proposons une nouvelle aventure pour groupe. Ce nouveau module pour Tunnels & Trolls 8 est 100 % original, puisqu’il a été écrit par un auteur français. Les illustrations intérieures sont signées Greg Suriano, qui connaît Tunnels & Trolls pour avoir notamment déjà illustré le solo Captif d’Yvoire.

Cette aventure exotique a été écrite pour un groupe de 4 à 5 trolls de la jungle, une espèce rare de personnages, mais elle peut être adaptée sans effort pour un groupe d’aventuriers chevronnés de n’importe quelle autre espèce (N 2 ou 3 avec un bonus de combat de 30 environ chacun), à la suite d’aventures menées en solitaire par chacun des joueurs ou d’aventures pour groupe déjà publiées, comme À la poursuite du serpent d’argent, par exemple.

Nous laissons maintenant la parole à l’auteur, Patrice Crespy, pour présenter son scénario.

Passés le gué tortueux de la Dajja et le défilé qui serpente à travers la chaîne des Haches, une piste s’enfonce dans les jungles d’Ahng Khor, en plein territoire naga. C’est là, sous la grande canopée, que se trouvent les légendaires 9999 marches, une antique voie en raidillon qui se perd dans les futaies du nord. Au terme du périple, une cité morte flanquée de trois ziggourats immenses : les palais des seigneurs-mages arachnéens, des sorciers mégalomanes qui ont gravé la cité entière à leur effigie et luttent les uns contre les autres en des combats incessants et démesurés, par bandes de monstres interposées.

Le jeu en vaut la chandelle, pourtant, car vaincre les seigneurs des jungles de Boomshartak, la partie nord-ouest d’Ahng Khor, gagnera aux aventuriers intrépides un accès temporaire vers les terres des nagas et leur puissante magie. Sans compter l’œuf du Shantak doré, récompense suprême pour les trolls de la jungle qui formeront peut-être le groupe d’expédition… Il faudra bien sûr composer avec l’influence discrète, mais réelle, du culte du dieu-araignée, les inquiétants vestiges de l’ancienne expédition de serpents ailés et de monstres qui a vidé la ville de ses habitants (des créatures dotées de connaissances scientifiques interstellaires) et les mille autres secrets et étranges créatures que recèlent encore les jungles-araignées de Boomshartak. Mais, au bout du chemin, c’est la promesse de récompenses fabuleuses et d’un retour en héros !

Un supplément pour le Nain Ivre (II)

Qui pourra dire la haine inextinguible des harpies ? Ce feu ardent qui les consumme de l’intérieur, faisant de leurs pupilles des braises jumelles sur lesquelles le souvenir de leur splendeur passée vient régulièrement souffler ? Versez-leur une outre pleine dans le gosier, et le liquide, en arrivant au fond de leur gorge, s’évaporera, faisant monter entre leurs lèvres décrépites des fumées de volcan.

Car les harpies ne furent pas toujours ces monstres dévoreurs de chair qui s’entre-déchirent lorsqu’elles n’ont rien d’autre à se mettre sous la griffe. Autrefois, les fanions azur, sable et sinople flottaient fièrement sur les tours de leur citadelle blanche. Les sages harpies régnaient alors sur leur île en bonne intelligence avec leurs cousines les sirènes, deux sociétés matriarcales et pacifiques issues de la même souche. On raconte même qu’en ce temps-là, sirènes et harpies avaient le pouvoir de transformer leurs jambes en queue de poisson ou de se faire pousser des ailes puissantes dans le dos. Leur magie innée leur permettait alors de vivre aussi bien comme des oiseaux que comme des poissons. Les sirènes préféraient vivre sous l’eau tandis que les harpies n’aimaient rien mieux que de voler au-dessus des vagues avant de retourner se percher sur un pic rocheux ou sur l’une des tours de l’île.

Ces transformations se faisaient de plus en plus fréquentes à chaque génération, jusqu’au jour où rares furent les sirènes ou les harpies capables de revenir à leur forme humaine. Les sirènes en prirent leur parti et bâtirent plusieurs cités sous-marines avec leurs époux les tritons. Mais les harpies, sur leur île aux cent tours, de moins en moins humaines, étaient inconsolables. Leurs hommes, incapables de se faire pousser des ailes, les regardaient avec un dégoût croissant. Ce fut alors la grande migration des harpies. Ce jour-là, des nuages noirs et furieux se lancèrent à l’assaut des côtes du continent du Dragon. Seul survivant de mon village de pêcheurs, j’entends encore leurs cris stridents : "maudites, maudites, nous sommes maudites !"

Les harpies sont décrites dans le petit bestiaire du livre des règles (page 76). Pour les besoins du Nain Ivre, les harpies que rencontreront les aventuriers auront un CM quatre fois moins élevé (arrondi à 60), ce qui les ramènera au premier niveau. Même ainsi, la harpie reste une adversaire redoutable !

Plutôt que d’ajouter une rencontre à celles qui sont prévues dans le Nain Ivre, mieux vaut peut-être compliquer cette fois-ci les choses un tout petit peu. Tout d’abord, les harpies doivent être mises en lien avec les suggestions de scénario données précédemment. Elles ont été envoyées par quelqu’un pour stopper ou enlever Hala : par son père, par Lerotra’hh, etc., en fonction du scénario que vous aurez choisi. Elles fondent donc sur le Nain Ivre, mais uniquement dans le but d’enlever Hala, pas dans celui de se battre. Il peut y avoir une brève escarmouche (une ou deux harpies couvrant la retraite de celles qui s’emparent de Hala), mais l’enlèvement est si rapide et inattendu que les aventuriers devraient échouer à retenir Hala.

Les harpies s’envolent ensuite dans un premier temps dans leur repaire, avant de remettre Hala à leur commanditaire. Il y a fort à parier que les aventuriers se lanceront à leur poursuite. Un peu de magie (Tiens, le voilà !), un talent de pisteur ou une MEP de la chance devraient permettre aux aventuriers de trouver l’antre des harpies. Au besoin, Hala peut laisser tomber au sol des vêtements pour aider ses amis à la retrouver : une sandale par-ci, une ceinture par-là…

Les aventuriers traversent les bois pendant plusieurs heures et finissent par arriver en vue d’une colline rocheuse ou d’un groupe d’arbres centenaires gigantesques. C’est là, dans des cabanes de branchages aménagées en hauteur, que nichent les harpies. N’hésitez pas à les jouer comme elles sont décrites dans les règles, avec le langage qui sied :-)

Les harpies n'ont pas toujours été des monstres !La récupération de Hala devrait se faire non par la force, mais par la ruse. Au premier signe d’hostilité, les harpies attrapent Hala et s’en vont à tire-d’aile. Plusieurs tactiques sont envisageables : parlementer (si l’un des aventuriers est de type meneur, ce serait utile, mais pas obligatoire) pour récupérer Hala par des arguments diplomatiques, tromper les harpies en leur faisant croire à des représailles terribles ou en faisant miroiter une récompense, marchander, les distraire tandis que l’un d’entre eux se faufile pour détacher Hala et la ramener, séduire la chef des harpies (après tout, pourquoi pas ?), utiliser la magie pour les éloigner ou les soustraire Hala à leurs regards, etc.

Laissez les joueurs se casser la tête et tenter les manoeuvres les plus folles. Laisser-les aussi parlementer entre eux. Récompensez (sous forme de PE notamment) les bonnes idées, les initiatives hardies ou imaginatives.

Au besoin, vous pouvez dessiner un plan du repaire des harpies et en faire une mini-aventure. On peut par exemple très bien imaginer que les harpies soient réfugiées dans un gigantesque arbre creux, dans lequel il faut grimper (à moins que les aventuriers puissent voler ou se téléporter) pour atteindre l’entrée, piégée ! Les harpies pourraient avoir apprivoisé des belettes géantes pour protéger leurs quartiers. Elles pourraient y avoir entreposé le produit de leurs rapines et, éventuellement, des esclaves ou des prisonniers (PNJ qui pourraient éventuellement remplacer des mariniers du Nain Ivre morts au combat précédemment). Elles peuvent être de mèche avec un clan d’elfes noirs. L’une d’entre elles peut être une sorcière capable de transformer les aventuriers en écureuils. Et puis, parler avec les harpies peut permettre aux aventuriers d’en savoir plus sur l’intrigue, sur l’identité réelle de Hala, et de faire avancer une véritable campagne de jeu étalée sur plusieurs parties.

Jouer à plusieurs

Tunnels & Trolls est l’un des rares jeux de rôle à pouvoir se jouer aussi bien en solo qu’à plusieurs.

La plupart des joueurs de T&T font l’un et l’autre. Des parties de temps en temps entre amis et des solos entre deux parties pour aguerrir un ou plusieurs personnages (débutants ou non).

Pour l’instant, outre une première aventure en solitaire (Château Bison), deux aventures pour groupe (Le Nain Ivre et À la poursuite du serpent d’argent) sont disponibles, comme vous pourrez le constater sur notre page produits.

Mais cela ne doit en rien vous limiter, bien au contraire ! Inspirez-vous en, inspirez-vous d’autres jeux, de films, de BD, de romans, et créez vos propres aventures !

Ainsi, Le Nain Ivre est une excellente aventure d’initiation à Tunnels & Trolls, mais est relativement brève. Vos joueurs réclameront peut-être une aventure plus longue ou une suite. Qu’à cela ne tienne : faites les aborder sur les berges du fleuve pour poursuivre à travers la forêt des pirates qui ont enlevé Hala et allez la libérer jusque dans la caverne secrète de ces brigands. Ou alors, partez à la recherche de la base semi-aquatique des trolls des rivières au moyen du masque sous-marin (plus ou moins fiable) de Marou le Merveilleux. Ou encore, poursuivez vos aventures à bord du Nain Ivre en tant que contrebandiers ou agents de l’impératrice. Rebondissez sur les PNJ (les passagers du bateau) décrits dans le scénario pour inventer des complications et des missions secondaires. Sans compter toutes les possibilités d’aventures qu’offre la cité portuaire de Knor…

Knor la décadente, traditionnellement dirigée par un roi-pirate depuis sa fondation, est une cité fortifiée qui contrôle le commerce maritime entre La Mouette, capitale de l’île de Phoron, à l’ouest, et Khazan, capitale de l’empire du même nom, plus au nord sur le continent du Dragon. On y croise les fameux Flibustiers qui ont fondé La Mouette, des contrebandiers et d’autres pirates de tous poils. Knor, peuplée presque exclusivement d’humains, est connue pour sa résistance à l’empire, tout comme Khosht, ce qui ne signifie pas qu’elle soit livrée au chaos. Les membres de la garde de Knor, reconnaissables à la rose d’argent qu’ils portent sur leur uniforme, font régner un ordre bien à eux, entre code d’honneur des pirates et corruption atavique. Au sud, Knor est également menacée par les tribus d’orques du désert qui tentent parfois des raids à dos de lézards géants ou de loups contre cette cité d’humains.

Si vous voulez avoir un parfait exemple de créativité débridée, voyez chez Kerlaft le rôliste une description assez époustouflante d’une partie de Tunnels & Trolls qui déménage !

Sortie simultanée des deux premiers modules !

Le Nain Ivre et À la poursuite du serpent d’argent sont disponibles sur Lulu à partir d’aujourd’hui.

Comme nous en avons déjà parlé, nous ne reviendrons pas sur les détails. Il s’agit de deux aventures pour groupe, qui se jouent au minimum à 2 (un joueur et un meneur/maître de jeu). Le premier module s’adresse aux débutants, tandis que le second a été conçu pour un groupe d’aventuriers aguerris.

En attendant, un nouveau solo de Ken St. Andre se prépare : Le lac aux gobelins, dont nous reparlerons. Il a été conçu pour des aventuriers de petite taille, de préférence des gobelins, de niveau 1 à 3.

Pour toute commande aujourd’hui 31 mai, Lulu vous calculera automatiquement une réduction !

Réduction spéciale du 31 mai 2012 sur Lulu

A la poursuite du serpent d'argent

Le Nain Ivre

Cliquez sur la couverture

pour accéder

à la page correspondante de Lulu

Le premier module arrive !

Hala...la

Hala…la

Le Nain Ivre, premier scénario à paraître en français pour Tunnels & Trolls 8, sera disponible au plus tard en mai, peu après le premier solo, Château Bison.

Spécialement écrite pour l’initiation à T&T 8 par Ken St. Andre, cette petite aventure fluviale (car le Nain Ivre est une péniche) est conçue pour être facile à maîtriser et laisse une grande place à la narration et à l’interaction (bref, au "role-play").

C’est une belle journée. Votre groupe sort du bazar de Khosht les poches un peu vides lorsque vous tombez sur le capitaine Tarndag, un nain aux allures de barrique de bière, qui recrute des mariniers en arpentant le port un grand broc à la main. Ça tombe plutôt bien, vous cherchez à regarnir vos bourses et un peu d’aventure ne vous ferait pas de mal. Un coup d’œil à l’équipage, apparemment aguerri, emporte votre décision. Enfin, lorsque vous apercevez, parmi les passagers, l’admirable Halagalatindoufiel, elfe ménestrelle de son état (Hala pour les intimes), vous n’avez plus aucun doute : c’est une bien agréable croisière qui vous tend les bras !

Mais vous vous êtes peut-être réjouis un peu vite, car vous comprenez bientôt pourquoi Tarndag vous a pris dans son équipage…

Cette fois-ci, c’est Sébastien Dardenne, un Canadien,

(voir son site http://www.artzinefantastique.com/)

qui s’est chargé des illustrations.

L’illustration ci-dessus, mise en couleur par Steve Crompton, sera utilisée en 4e de couverture.

Il ne manque plus que le son du balakandra à sept cordes (un instrument elfique ressemblant au banjo), et on s’y croirait…

Quant à la mise en page, elle sera réalisée par Didier Guiserix, un petit jeune à qui il faut bien donner sa chance ;-)…

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